Côté auteurs de romans, ce sont les Editions Tequi qui sont les mieux représentées, avec trois auteurs présents dont le directeur de la Collection Défi et l’ex-directeur de ladite Collection. Laure Angelis, Emmanuelle Marly et Axel Vachon incarnent donc Défi avec à eux trois pas moins de dix romans sur la table (là j’ai failli mettre «relèvent donc le défi» mais ça aurait été un peu facile). On aurait pensé en voyant le pavé qu’est Enora, le «petit» dernier signé Laure Angelis, qu’il n’allait jamais se vendre, surtout vu les vingt-neuf euros (et quatre-vingt centimes) affichés sur la couverture. Eh bien raté, il est parti – comme les autres – mieux que des petits pains.

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Axel Vachon et Emmanuelle Marly

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Laure Angelis et Brunor

Autre maison venue en force : La Licorne, le dernier né de nos éditeurs, avec tous ses auteurs présents. Oui, tous ! C’est-à-dire Yves Combeau-Taillefer et Henri Bourgenay – comment ça on exagère ? Il faut dire qu’avec cinq livres parus en à peine deux ans, la Licorne commence à avoir un assortiment tout à fait honorable, en romans ou essais, sur le scoutisme, l’histoire ou la spiritualité, toujours résolument tourné vers les adolescents. Tout ce que réunit avec éclat Le Royaume et la Gloire, dont nous avons déjà longuement parlé. Ce que poursuit Staff et ce que complète Heureux les jeunes de cœur, qui vient de paraître. Et qui aurait dit que Sang et or, dont la première édition au Signe de Piste date de 1954, plairait autant aux jeunes ? Apparemment, pour eux, l’âge de l’auteur n’est en rien un frein à la lecture. Sang et or attire les parents par son côté historique et conquiert les enfants parce que c’est avant tout un roman d’aventure. Tout pour plaire, d’autant que l’auteur est friand de rencontres et adore faire durer les entrevues. Plus de cinquante ans sans Festival, il avait bien le droit d’en profiter !

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on ne va pas vous faire l'affront de vous préciser qui est qui...

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moment d'accalmie

Dans le coin du Triomphe, Emmanuel Beaudesson est encadré par les auteurs des deux séries Totem à succès : Apremont et Ségolène. A force de voir les piles de livres diminuer, on se demande lesquels seront épuisés les premiers… C’est Pierre-Yves Aujoulat qui remporte la course à l’épuisement. Sur les six Apremont, deux sont déjà en cours de réimpression chez l’imprimeur. Le stock du tome 2 disparaît en une après-midi et les autres baissent dangereusement. Dimanche soir, le bilan est plus que satisfaisant : il reste un exemplaire du Lourd secret d’Apremont et deux d’Apremont en péril. Quant aux Ségolène, pas mieux : à peine cinq ou six exemplaires traînent encore, esseulés, sur la grande table, tentant sans grand succès de se rapprocher de La Cavalière de l’orage, bien isolée aussi. Mais il n’y a pas d’inquiétude à avoir : on sait maintenant que Jean-Dominique Formet ne met que vingt jours pour écrire un roman. L’année prochaine on en aura donc beaucoup, beaucoup plus !

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Jean-Dominique Formet qui dédicace à l'encre violette pailletée.

Du côté des outsiders, on peut citer parmi les invités Jean-Jacques Gauthé qui signait le numéro spécial d’Histoire du christianisme sur les cent ans du scoutisme et Idées reçues : les scouts et Philippe Verdin, à la fois organisateur, vendeur et auteur.

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Jean-Jacques Gauthé et Frère Philippe Verdin

Samedi d’enfer, dimanche pareil. Eh oui, déjà dimanche soir. Après la journée trépidante de samedi, il y a bien eu une petite accalmie dimanche matin – quoique la caisse tend à prouver le contraire – mais le rythme infernal a repris l’après-midi. Avec en plus le regret de devoir avouer aux visiteurs que certains titres ne sont plus disponibles. Pas grave, ils se consolent avec d’autres, parce que le choix reste tout de même très large. C’est d’ailleurs en examinant les stands de livres que l’on comprend la recette d’un Festival réussi : savoir doser les romans et les bandes dessinées, rajeunir les auteurs, ne proposer que des nouveautés, des livres à peine sortis de l’imprimerie, aussi jeunes que leur public. La preuve : Crozaguil et La Blanche n’attirent plus vraiment. Les visiteurs réclament du neuf, de l’inédit.

Evidemment, on a eu droit à l’habituel fan des années soixante qui aurait bien voulu échanger ses vieux bouquins, au papi qui se rappelle le Jamboree de Moisson, au primate de base qui ne sait pas prononcer «Serge Dalens» sans y accoler «FN». S’ils savaient, les pauvres, combien aujourd’hui nous sommes loin d’eux ! Heureusement qu’il y a aussi les vrais passionnés de la première heure (un proche de Jean-Claude Alain), les Amis venus même de Belgique, et quelques visiteurs presque connus, comme le petit-neveu de Guy de Larigaudie.

Le public de Dédica’Marcq, ce sont des familles, chrétiennes, qui cherchent des lectures stimulantes – et captivantes – pour leurs enfants. Des adolescents, scouts, qui participent activement à la vie de leur mouvement. Des adultes, chrétiens ou scouts ou les deux ou ni l’un ni l’autre, passionnés de bandes dessinées. Et tous attirés par les rencontres avec des auteurs et des dessinateurs, dans une ambiance chaleureuse et amicale.

Dedica’Marcq a été un succès. Un vrai. Tellement que la correspondante locale de La Voix du Nord ne suffisait pas, le Festival a reçu la visite d’une «vraie» journaliste. Tellement qu’à notre arrivée à Paris lundi midi, les Editions du Triomphe savaient déjà que le week-end avait été exceptionnel. Pour le public, pour les auteurs. Pour l’Association des Amis du Signe de Piste.

En deux jours, Dedica’Marcq a montré combien les Festivals et autres dédicaces étaient importants pour perpétuer ce lien entre les lecteurs, les auteurs, et même les éditeurs tel qu’il a toujours existé pour Serge Dalens ou Bruno Saint-Hill. Dedica’Marcq restera également comme le premier événement à rassembler uniquement des auteurs jeunes, dont les carrières d’écrivains commencent à peine pour certains. Excepté Henri Bourgenay, bien sûr, mais on va tricher en disant qu’il est très jeune dans sa tête. Il l’est même tellement qu’il a promis à La Licorne de donner une suite à Sang et or !

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A 18h17, les retardataires sont poussés dehors. A 19h02, les tables sont rangées, les panneaux démontés, les livres encartonnés. La salle, la grande salle où nous avons passé deux journées exceptionnelles, est silencieuse – et vide. On peut éteindre la lumière, descendre l’escalier et donner un tour de clé. Jusqu’à la prochaine fois. Bientôt ? On espère…

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PS à l’attention des initiés : Vous savez le panneau sur Pierre Joubert ? Le grrrrrrrrrrrrand panneau ? Notre chef-louveteau-national-belge a tout de même fini par le récupérer. Comme quoi l’opiniâtreté, ça paye !

PPS encore pour les initiés : Je ne savais pas où le mettre, mais il fallait bien que j’en parle. Difficile à glisser innocemment. Impossible à relier à nos romans. Ou plutôt je vous en laisse le soin. De qui je veux parler ? Mais de Paul Préboist, bien sûr !