14 novembre 2009
Pierre Joubert aux enchères
VENTE ARTCURIAL 1634 - BANDE DESSINEE

Hôtel Marcel Dassault
7 Rond-Point des Champs-Elysées - Paris 8ème
le 21 novembre 2009 à 14h
(Vacations à partir de vendredi 20 novembre 17h30)

Lot 905 - LE MOYEN-AGE : JEHAN LE TONNERRE COMPAGNON MAÇON
Gouache de couleurs pour une illustration de la série «L'enfance à travers les âges», réalisée en 1971. Rare exemple d'une commande privée, réalisée par Joubert pour une école à Eaux-Puiseaux près de Troyes. Reproduit dans le portfolio Enfance aux Editions Alain Littaye en 1987. Réédité aux Editions Élor.
49 x 27,5 cm. Encadrée.
Estimation 2 800 - 3 000 €

Lot 904 - JEUNE ECOLIER ROMAIN
Gouache de couleurs représentant un jeune écolier romain tenant un stylet et une tablette de cire, la colline de l'Aventin à l'arrière plan. Réalisée en 1974 pour la série «Les quatre civilisations» (Rome, la Grèce, la Perse et l'Égypte). Rare exemple d'une commande privée, réalisée par Joubert pour une école à Eaux-Puiseaux près de Troyes. Reproduit dans le portfolio Enfance aux Editions Alain Littaye en 1987.
49 x 30 cm. Encadrée.
Estimation 2 800 - 3 000 €
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12 novembre 2009
Piqualise - Signe de Piste n°184
Josy de Bouclans, illustrations Pierre Joubert, 1967
Evocation d’une enfance ancienne par un vieil homme qui sait sa vie derrière lui, Piqualise rappelle par sa fraîcheur et son regard d’enfant sur le monde, le truculent La belle jeunesse de Quiquembois.
Tout commence pourtant comme le pire des Dickens : un jeune garçon qui vient de perdre sa maman si douce et si aimante se voit confié à un couple de vieux cousins qu’il ne connaît pas. Sans enfants, le deux vieux n’ont guère l’habitude d’être chaleureux et attentionnés. Lui serait plutôt gentil s’il osait s’opposer à son ogresse de femme pour qui le petit Guy devra « gagner son pain » comme un employé. Le pauvre Guy, qui n’a connu jusque là que Clermont-Ferrand et les tissus doux des costumes que lui confectionnait sa maman se retrouve dans une demeure austère en pleine forêt auvergnate, affublé d’un pantalon de grosse toile et de sabots avec lesquels il n’arrive même pas à marcher !
Pour parfaire le tableau, les deux cousins sont domestiques de Mesdemoiselles Jeanne et Laurence. Si la seconde est une petite vieille adorable qui prend tout de suite Guy sous son aile, il n’en va pas de même de Jeanne, vieille fille acariâtre, avare et bigote. Dickens, on vous dit !
Un jour où Guy a réussit, en même temps et même si cela partait d’une bonne intention, à tuer le lapin préféré du cousin, à détruire le fichu du dimanche de la cousine et à mettre à cuire le jambon de Mademoiselle Jeanne à la mi-carême, les cousins décident que «s’en est trop !». Guy aussi, d’ailleurs, qui s’enfuit dans la forêt. Seulement, à même pas douze ans, seul, en forêt, sans avoir rien emporté, on ne va pas bien loin…
Rattrapé pensez-vous ? Même pas, personne ne prenant la peine de le chercher. Attrapé, plutôt, par Piqualise, un vieux berger qui vit en ermite dans une abbaye en ruines, dominant la forêt et la Sioule. En ermite mais pas seul. Parce qu’il y a Lioran, le grand chien noir plus intelligent que bien des hommes. Et puis la nature, les plantes, le paysage. Piqualise ne manque ni d’amis, ni de ressources.
Le vieil homme se découvre en Guy un ami. Le jeune garçon trouve dans l’homme un protecteur, un professeur, un guide. La vie, il l’a décidé, c’est avec Piqualise qu’il veut l’apprendre. Et Monsieur Renaison, ce grand homme de la ville, lui aussi ami du berger. Commence alors la seconde partie du roman, plus légère, un peu magique, dont les couleurs, la douceur, la simplicité tranchent sur le côté sombre du début. Si elles savaient, toutes ces mauvaises langues qui disent qu’on dort mieux dans un lit que dans les bois ! Si elles savaient, ces bonnes sœurs bien pensantes, comme on est heureux au milieu de la perfection de la nature… Tout cela doit-il un jour se terminer ?
Piqualise est raconté à un enfant des années 1960 par Guy devenu bien vieux. Son métier disparaît, l’époque de sa jeunesse aussi. Mais ce que veut léguer Guy à Bernard, c’est la beauté du monde qui l’entoure, c’est savoir écouter et regarder autour de lui. C’est savoir trouver le beau dans ce qui l’entoure. Ce sont aussi ces vers de Péguy :
Voici le seul élan qui sache un peu monter,
Voici le seul instant qui vaille de compter
Voici le seul propos qui s’achève et qui dure
Voici le lieu du monde où tout devient facile…
10 novembre 2009
Bulletin n°78 des Amis du Signe de Piste
Le Bulletin des Amis du Signe de Piste n°78 est en train d'arriver dans les boîtes aux lettres. Comme toujours depuis quelques mois, ce numéro fait la part belle aux nouveautés des Editeurs qui ont repris l'Esprit Signe de Piste et aux événements qui mettent en avant ces nouveaux (et même anciens!) auteurs.

Ce Bulletin met donc en avant, comme on pouvait s'y attendre, la sortie de Sang et Or et le Festival Dedica'Marcq. On (re)découvre chacun des auteurs qui seront présents à Marcq-en-Baroeul les 28 et 29 novembre. Laure Angélis, Henri Bourgenay, Loïc Ervoan, Pierre-Yves Aujoulat, Yves Taillefer-Combeau, Jean-Jacques Gauthé, Jean-Domonique Formet, Emmanuelle Marly, Philippe Verdin, Axel vachon, Louis-Bernard Koch... Et aussi tout plein d'illustrateurs et dessinateurs: Emmanuel Beaudesson, Bernard Dufossé, Philippe Glogowski, Brunor et Dominique Bar. La plus grande rencontre auteur-lecteur organisée par l'Association des Amis du Signe de Piste ces dernières années !
Quand on sait qu'Yves Taillefer a vendu 1164 ouvrages lors de son passage à Lourdes les 7, 8 et 9 octobre, on comprend qu'un tel événement aura forcément le succès qu'il mérite.
Les deux éditeurs les plus représentés lors de cet événement seront les Editions du Triomphe et Tequi, au travers de la Collection Défi. C'était bien entendu l'occasion de rencontrer Laure Angélis, auteur et directrice de la Collection, qui nous explique comment fonctionne Défi, comment sont choisis les romans et quelles valeurs ils transmettent. Une Collection discrète mais qui va pourtant fêter bientôt son trentième volume !
Autre dossier passionnant et inattendu de ce Bulletin: Andrée Bazin nous parle longuement de sa soeur, Josy de Bouclans. La vieille dame s'est éteinte le 26 avril de cette année, sans doute pour aller rejoindre son cher Piqualise dans les forêts de Franche-Comté. Sa soeur lui rend un hommage touchant et nous permet de mieux comprendre la sensibilité toute féminine qui transparaît dans Piqualise : "On dit qu'une aiguille enfilée ne se perd pas. Celle de ma vie qui s'est faufilée plus souvent dans la bure que dans la laine était enfilée du fil de soie de mon enfance... J'ai fait et refait les trajets de ce lointain univers si souvent qu'il me semble avoir été toute ma vie en exil du pays de mon enfance." Josy de Bouclans écrivait pour retrouver - et nous faire retrouver - ce pays perdu. N'y a-t-elle pas formidablement réussi avec son unique roman ?
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--> Les Amis du Signe de Piste <--
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08 novembre 2009
Henri Bourgenay retourne au collège
Le 27 novembre, Henri Bourgenay va rencontrer une centaine d’élèves qui ont travaillé sur son roman.
La rencontre sera supervisée par Stéphanie, professeur de Lettres. «Nous étudions Sang et Or dans le cadre du programme de Français en classe de 4ème. Une partie est consacrée au roman historique. La totalité des élèves aura donc lu l’ouvrage.» Un travail de rédaction aura également été effectué sous forme de lettres à l’auteur, dans lesquelles les élèves auront indiqué ce qu’ils ont aimé et ce qu’ils ont moins aimé dans l’ouvrage. «Tout cela se fait en collaboration avec les professeurs d’Histoire», précise la jeune enseignante. La Révolution Française étant également au programme, les cours ont ainsi permis d’éclairer le contexte historique de la guerre de Vendée.
Une deuxième rencontre a été mise en place par une autre Stéphanie, documentaliste, cette fois-ci. «Le club lecture regroupe des élèves de la 6ème à la 3ème. Nous profitons du passage de l’auteur dans le Nord pour mettre en place une rencontre-débat autour du livre.» Alors, quel accueil des collégiens de 2009 réservent-ils à cet ancien Signe de Piste ? «Le niveau de langue de l’ouvrage est assez élevé. Cela n’a pas empêché des élèves de 6ème de s’y plonger et de dévorer le roman presque d’une traite. Comme pour la plupart des livres, certains accrochent, d’autre moins.»

Rendez-vous dans le prochain Bulletin des Amis du Signe de Piste (n°79) pour le compte-rendu de ces rencontres.
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06 novembre 2009
Le roman guide après 1947 - 6
3.5 L’héroïne, électron libre ou pièce rapportée1 ?
S’il faut, à ce stade ci de notre étude, s’efforcer de donner une première définition de l’héroïne de roman guide, ce pourrait être : «celle que l’on connaît mal et que l’on est peu à peu amené à découvrir et à apprécier»2. On peut alors distinguer d’un coté les excessives, mais pleines d’idéal comme Cabot (L’Inconnue de Valcluse), Soldanelle (La Croix verte), Marie-Hugues (Les Choucas), Alix (Le Testament des cœurs fidèles). Au milieu, les calmes et réfléchies, mais à la volonté inflexible comme Marie-Tropique (La Forêt qui n’en finit pas) et Caracal (Les Foulards bleus). Et enfin les effacées pleines de bonne volonté comme Cathie (La Croix verte) et Joëlle (Une Fille pas comme les autres). Seules deux de celles-ci, Soldanelle Allouy (La Croix verte) et Marie-Hugues Houdaye (Les Choucas) ne sont pas, au départ de leurs aventures, officiellement guide; ce qui fait que, dans les sept romans retenus, les trois catégories sont, au départ, plus ou moins équitablement représentées. On notera cependant que les héroïnes de la catégorie centrale, les extérieurement calmes et réfléchies mais à la volonté inflexible, comme Maritro et Caracal, sont nées de l’imagination d’hommes, tandis que tant les excessives que les effacées ont été conçues par des auteurs féminins.

Fred Funcken pour La Croix verte
3.5.1 Les excessives, mais pleines d’idéal
A tout seigneur, tout honneur, Cabot dynamique, Une Fille pas comme les autres qui a du chien, c’est le moins que l’on puisse dire… Elle a 15 ans, des yeux vifs et observateurs, un menton volontaire et un nez curieux. Si ses colères subites et inexplicables font d’elles la moins aimée ou la plus crainte de l’équipe, elle s’entend néanmoins très bien avec son C.E. qui apprécie cette fille qui ne craint rien et est capable de tout. Elle l’a déjà prouvé en obtenant de ses parents, qui y étaient farouchement opposés, l’autorisation de devenir guide catholique ! Elle regarde toujours droit devant elle, veut tout comprendre et a son franc parler. Perfectionniste, elle aime la lutte, parce que pour elle «la lutte, c’est la vie»3 et, question de panache, se prend à paraphraser l’ultime tirade d’un Cyrano mourant: «c’est bien plus beau lorsque c’est inutile»4. Mais elle sait reconnaître ses torts et quand, prise au piège, elle en arrive à faire le bilan de sa vie, elle comprend vite que, si elle s’en sort, il lui faudra faire autre chose du restant de son existence. Une rencontre avec l’une des fondatrices du guidisme en France va s’avérer décisive pour elle. La paix dans le monde sera désormais son combat et le fait que cette commissaire l’ait choisie pour héritière spirituelle et la cheftaine comme successeur d’Abeille à la tête des Albatros ne fait que la conforter dans ce choix. Une nouvelle Cabot est née.
On ne citera Soldanelle Allouy et Marie-Hugues Houdaye que pour mémoire, elles ne sont pas encore officiellement guides au moment des aventures où elles apparaissent, ne font pas partie d’une patrouille ou équipe reconnue et donc sortent du cadre de cette étude. On retiendra simplement que c’est suite à leur rencontre avec Catherine Bourgon des Mouettes d’une part et avec les Hermines de Véronique Sibert, d’autre part, (lesquelles sauront les comprendre, les encadrer et éventuellement canaliser leur trop plein d’énergie), que la vie de ces filles ardentes et romanesques va prendre une toute autre orientation.
D’Alix Orvasson de la Folletière, bientôt 15 ans et digne héritière d’une Philippine homonyme, Emmanuelle Marly a fait une fille explosive jusqu’au bout des ongles, spontanée, fougueuse et aventurière, elle est toujours en mouvement et, sans sa maîtrise d’elle-même et sa science équestre, l’aventure aurait pu se terminer très différemment.

Emmanuel Beaudesson pour Le Testament des coeurs fidèles
3.5.2 Les calmes et réfléchies, mais à la volonté inflexible
Dans la deuxième catégorie d’héroïnes, catégorie qu’étrangement on ne trouve pas chez les auteurs féminins de romans guides, on citera Marie-Tropique de Monteplain et Caracal, chez qui leurs compagnes ont décelé quelque chose d’acier (Les Foulards bleus). Que ce soit à travers les ronces ou les intempéries, elles savent rester maîtresses d’elles-mêmes5. Elles sont plutôt sportives et musclées, qualifiées de filles – garçons et habitées par un sens de la loyauté et du devoir extrêmes, peuvent sembler parfois détachées, mais savent aussi se montrer rieuses, endiablées et détendues, lorsque les circonstances le permettent. Elles ont également une vie intérieure qui rayonne sur toutes celles et ceux dont elles croisent l’existence, mais en dehors de l’aventure se comportent en guides intégrées dans leur équipe ou patrouille comme les autres.
3.5.3 Les effacées mais pleines de bonne volonté
Dernière catégorie enfin, celles que l’on pourrait qualifier d’anti-héroïnes6, nouvellement arrivées à la compagnie et dans l’équipe, elles n’y ont pas encore réellement trouvé leur place, mais c’est pourtant leur aventure personnelle, née d’une rencontre parfois surprenante, qui va rejaillir sur toute leur équipe et la rendre encore meilleure et plus soudée, même si cette aventure s’avère extérieure à celle-ci. Les points communs entre Catherine Bourgon et Joëlle Le Français sont une timidité naturelle et un désir de bien faire, de rendre service, une bonne volonté de tous les instants. Au terme de l’aventure, elles auront gagné en assurance et plus personne ne les regardera comme avant.
à suivre : 4. Ad perpetuum
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1 Cette question a également été étudiée sous un autre aspect par Laurent Déom dans «Effort et dépassement de soi, un aspect de l’héroïsation dans le roman scout»
2 Pour le tandem Royer-La Selve, elle doit en outre être, comme le nom même de guide l’indique : «celle qui passe devant, qui fait le chemin» ou encore «celle qui va de l’avant, ouvre la voie, trace la route» (L’Inconnue de Valcluse).
3 Vérification faite, cette phrase se trouve notamment dans une proclamation enflammée (1863) de l’avocat lyonnais Rossignol Rollin (1821-1873) et La Morale anarchiste (1889) de Piotr Kropotkine (1842-1921).
4 Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac, acte V scène 6.
5 Au risque d’en déplaire à Serge Dalens et à certains éminents théoriciens de la littérature scoute et guide, j’ai personnellement pu constater qu’une fille de 10 ans, relativement timide, était parfaitement capable, comme Maritro, de se lancer, jambes nues et en toute connaissance de cause, au milieu des ronces pour faire triompher son équipe (et, après coup, rétorquer à sa cheftaine qui la réprimandait gentiment tout en l’enduisant de mercurochrome «la sizaine a gagné, non !») ; à 12 ans de tenir le rôle de ‘’Zorro’’ durant dix jours sans jamais inspirer le moindre soupçon ; à 14 ans de jouer sa Marie-Hugues au beau milieu de camps scouts sans se faire attraper ; puis, à 18 ans d’entamer sept années d’études de médecine pour les terminer à 25 ans avec grande distinction… Merci Gerboise Petit Fantôme, d’avoir ainsi démontré qu’il n’y a pas que chez les guides dépeintes par Jacqueline Royer et Simone La Selve, il y a bien longtemps, que «qui sait vouloir, arrive toujours à ses fins !» ou que «Si tu veux, tu peux !».
6 L’archétype de la guide effacée, mais pleine de bonne volonté étant Joyzelle Valnoy, l’héroïne du Toujours Prêtes de Marguerite Bourcet, publié dès 1930.

04 novembre 2009
Exclu ! Sang et or dans Woodcraft
Dans son numéro de déccembre, Woodcraft, la revue des Scouts Unitaires de France, consacre deux pages entières à la parution de Sang et or, aux Editions de la Licorne. Un entretien avec Henri Bourgenay à découvrir en avant-première !
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