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Les Echos de Nampilly
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8 janvier 2009

Babar, Harry Potter et le Prince Eric

Retour sur l'exposition Babar, Harry Potter & Cie, en ce moment présente à la BnF. Suite à notre reportage, Olivier Piffault, l'un des Commissaires de l'exposition, nous apporte quelques précisions sur sa vision du Signe de Piste, en complément du texte présent dans le catalogue de l'exposition. Cela nous aide à mieux comprendre la façon dont Le Prince Eric et Pierre Joubert sont mis en avant. Merci à lui d'avoir pris le temps de nous répondre !

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"Précisions

Merci pour cette impressionnante présentation de notre exposition. Par rapport à Joubert, Dalens ou Signe de Piste, il faut savoir que le choix a été fait de ne représenter, le plus possible, les auteurs que par 1 pièce (certes Babar c'est 4 mais c'est Babar et avec un don de la famille) pour en montrer le maximum. Du coup, sachant que Joubert était avec Bob Morane et Eric, j'ai choisi un "Vie privée des hommes" de quelqu'un d'autre, par exemple.

Concernant Eric et Signe de Piste, on peut indiquer comme références certes Pascal Ory (Revue des Livres pour enfants n°134/135 1990), mais aussi Christian Guérin L'utopie scout de france (1997), ou la maîtrise de Jacques Scheer à Paris VIII en 1983, dir. G. Vigarello, celles d'Eric Bargibant à Lille III en 2001, Nathalie Boitel en 1991, Thierry Debus en 2000, Agathe Picot en 1988 dir. Philippe Levillain, et la thèse d'Alain Gout de 1973, etc., sans compter les nombreuses interviews de Dalens, Foncine et autres collaborateurs de la collection ou d'Alsatia. Il y a une thèse belge en 2007 que je n'ai pas eu entre le mains. Francis Marcoin, à travers l'étude de Claude Campagne, a aussi approfondi récemment la question, je pense qu'il publiera un jour.

Concernant le catalogue, Le Prince Eric illustre la partie politique, et la notice est écrite en fonction de cet axe. J'indique justement combien les commentaires qui ont pu être faits sur cette oeuvre privilégient le discours politique sur la structure littéraire ; la notion de "zone grise" n'est pas péjorative en soi, elle indique juste le curieux décalage qu'il y a entre un best-seller sur une longue durée, roman culte, et son passage sous silence ou sa critique systématique dans les histoires canoniques du livre pour enfants. C'est bien l'objet de la réflexion que m'a donnée Nic Diament, sur ces "lectures réelles" que l'on ne saurait voir. (en dehors du champ strictement politique, on peut rajouter Martine par exemple qui n'est pas populaire chez les critiques, c'est un euphémisme). Mais contrairement à Martine que tout le monde a pu avoir entre les mains, Signe de Piste (comme le journal Pif dans un autre style) est soit très connu soit complètement ignoré des anciens lecteurs, dans un clivage parfois (mais pas toujours) politique, souvent sociologique. De toutes manières, chaque enfant s'est construit son propre patrimoine littéraire, qu'il a chargé personnellement de sa propre compréhension, souvent en dépit des intentions réelles ou supposées des auteurs.

Olivier"

--> Voir notre reportage <--
--> Voir le site de l'exposition <--

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Commentaires
A
Un grand merci à Olivier Piffault pour son commentaire très intéressant.<br /> Pour une bonne connaissance de la collection Signe de Piste, il existe des documents essentiels. Ce sont les actes du colloque, "Le roman SCOUT : un genre littéraire", organisé par le COPSE, en 1991, à Strasbourg. Ces actes ont été publiés par les Presses universitaires de Nancy, dans la Revue universitaire de l'adolescence, Ianus Bifrons, n° 4/1992, pages 175-287. On y trouve, en particulier, des interventions très éclairantes de Jean-Louis Foncine et de Serge Dalens.
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