Les Echos de Nampilly

Le blog de Nampilly.fr, des fans du Signe de Piste, du roman d'aventure, du Prince Eric...

11 mai 2008

La reine Astrid, Histoire d'un mythe

Malgré quelques "oublis" de l'auteurs qui invalident la comparaison (la reine Astrid est morte deux ans avant la parution du Bracelet, elle était originaire de Suède et non de Norvège), voici une extrait de La reine Astrid, histoire d’un mythe, de Pascal Dayez-Burgeon (Editions Criterion, 1995) qui crée un parallèle entre la reine des Belges et le prince de Swedenborg.

reine

"Par ailleurs, c’est peu de temps avant Küssnacht que, dans la collection Signe de Piste, parut Le Bracelet de vermeil, premier volet de l’histoire du prince Eric qui devait rapidement devenir un des sommets de la littérature scoute. De nos jours, l’imagination féconde de son auteur, Serge Dalens, et les illustrations très commentées de Pierre Joubert en ont fait, depuis une quinzaine d’années, une référence désuète et charmante. Replacé dans son contexte, la saga du Prince Eric est pourtant riche d’enseignements. Au fil d’aventures, d’ailleurs passionnantes, vécues par de jeunes scouts, il est question d’amitié, de fidélité, de pureté et de foi, toutes ces vertus dont, après guerre, on pensait avoir tellement manqué qu’il fallait à tout prix les inculquer à la nouvelle génération. Mais il y est aussi question de politique. Un des jeunes scouts, Eric Jansen, est en fait le souverain d’une petite principauté scandinave, Swedenborg, située à mi-chemin entre la Suède – la Suède ! – et la Norvège, et dont on précise, au passage, qu’elle est restée catholique. A un moment, le trône d’Eric est menacé. Un aventurier d’origine balkanique lui substitue un sosie et s’empare du pouvoir. Mais heureusement ses amis scouts veillent ; l’usurpateur est confondu, Eric restauré. Tout y est : le scoutisme, l’Eglise, la défense du trône et, qui plus est, l’élément scandinave, prétexte permanent de jeunesse, de blondeur et de pureté, aussi bien raciale que morale. La reine Astrid, bien sûr, n’apparaît à aucun moment dans la série du Prince Eric. Dalens a bien écrit un texte à la gloire du roi Albert, toujours illustré par Joubert, mais sans rapport avec son œuvre romanesque. Dans un roman pour adolescents, l’irruption de personnages réels aurait risqué de nuire à la spontanéité du récit. Même si, en juin 1940, Eric est décoré par Georges VI, il ne passe pas par Laeken. Et pourtant, le souvenir d’Astrid semble bien là, flottant sur Swedenborg et inspirant ce jeune monarque dont la couronne est aussi un sacerdoce. De sa mère par exemple, on nous dit qu’elle était une princesse scandinave très bonne et très pure. Une sorte d’Astrid en somme. Quant à Baudouin, son destin rappelle celui d’Eric. En l’honneur du prince Baudouin, qui a quinze ans lorsque son manuel paraît, Schoonjans cite une strophe de la saga de Blanche de Namur. « Le petit garçon aux yeux bleus / Aura la couronne de roi ; / Quand il l’aura reçue, / la tranquillité de sa jeunesse aura disparu. ». Dalens, lui, invoque la Bible lorsqu’Eric est couronné, et peut-être Montherlant : « Malheur à la ville dont le prince est un enfant ». L’idée est la même. Jeunesse, foi, destinée… Le prince des neiges – Eric, un moment, reçoit ce titre – n’est guère éloigné de la princesse des neiges."

--> Le livre sur Alapage <--

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16 mars 2008

Les Cahiers Robinson - 4

Sur Jean-Louis Foncine
Partie 2-b : Deux romans scouts de Jean-Louis Foncine - Le Glaive de Cologne
Jean-Benoît Puech
Cahiers Robinson n°21, La Bibliothèque Rouge et Or - 2007

Dans la dernière partie de son article sur Jean-Louis Foncine, Jean-Benoît Puech se penche sur Le Glaive de Cologne. Comme Les Forts et les purs dont il est plus ou moins une suite, Le Glaive de Cologne est l’histoire de la réconciliation entre deux ennemis. Il s’agit cette fois de deux garçons, un Allemand et un Français, qui portent encore douloureusement les cicatrices de la guerre faite par leurs parents.

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Signe de Piste n°71, 1954

Dans les années cinquante, Olivier et son équipe scoute sont invités par Wolfgang et son frère au cœur de la Forêt noire pour un camp d’été. Il s’avèrera que Wolfgang a connu durant la guerre le père d’Olivier et que sa famille n’est pas étrangère à sa disparition… Ce mystère à éclaircir a d’ailleurs un petit côté Chat-Tigre qui donne un second souffle à l’histoire.

Encore une fois, Foncine utilise le Grand Jeu scout pour nouer l’intrigue. Comme dans Le Relais de la Chance-au-Roy, on retrouve un raid dirigé par des chefs mais qui est vécu intensément et de façon « vraie » par les adolescents qui le jouent. Encore un roman de formation, donc, dans un cadre aussi romantique que le Pays Perdu : l’intensité de la forêt noire, ses odeurs de pins, ses villages fleuris, ses lacs orageux…

Ce décor idyllique cristallise les sentiments et la psychologie des personnages. Foncine sait intégrer cette psychologie à l’action de façon à ne pas l’interrompre. Chacun des trois personnages principaux a des caractéristiques bien particulières tout en étant très liés aux deux autres. Olivier, Wolfgang et Karl ont tous trois perdus leur père durant la guerre. Olivier, qui n’en a pas fait son deuil, peut être décrit comme « direct » et « abrupt » alors que Wolfgang est plus « réservé » et « farouche ». Quant à Karl, il est « fier » mais « fragile ». L’affrontement puis la réconciliation entre Olivier et les deux Allemands ne sont pas explicités, disséqués, analysés. Ils sont simplement évoqués, incarnés à travers des événements et des épreuves que les héros doivent surmonter.

A la fin du roman, il faut que la vérité éclate : c’est le père de Wolfgang qui a livré le père d’Olivier aux Allemands alors qu’il se cachait. Comme dans Les Forts et les purs où Guy croyait que le frère de Michel était responsable de son malheur, Olivier était persuadé que le coupable était Wolfgang. Encore une fois, il s’agit d’une erreur. Cette erreur représente le conflit de 1939-1945 et c’est de la vérité dévoilée que vient la réconciliation.

La dernière partie de l’œuvre fait douloureusement revivre des événements de la guerre (jusqu’à un incendie de forêt), montrant comment l’Histoire est présente dans chacun des destins des héros. Bien que Karl puisse représenter, par ses rêves déçus d’un nazisme juste et bienveillant, une véritable idéologie, tout discours politique ou dogmatique est exclu du roman.

Par rapport au roman précédent, Les Forts et les purs, Le Glaive de Cologne perd en discours social mais gagne en « pureté romanesque ». Il est distancé en pédagogie mais le rattrape en affection incontrôlée. Entre idéalisme et réalisme, Le Glaive de Cologne est un autre roman fort, un autre chef d’œuvre de Jean-Louis Foncine.

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Nouveau Signe de Piste n°20, 1976

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09 mars 2008

Les Cahiers Robinson - 3

Sur Jean-Louis Foncine
Partie 2-a : Deux romans scouts de Jean-Louis Foncine - Les Forts et les purs
Jean-Benoît Puech
Cahiers Robinson n°21, La Bibliothèque Rouge et Or - 2007

Jean-Benoît Puech, dans la seconde partie de son article, étudie, comme il l’a fait pour Le Relais de la Chance-au-Roy, Les Forts et les purs et Le Glaive de Cologne. La méthode d’analyse, calquée sur celle du Relais, met en évidence les similitudes entre les deux romans : croisement de plusieurs genres littéraires et caractéristiques de la plume de Foncine.

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Signe de Piste n°48, 1951

Dans Les Forts et les purs, écrit après la guerre, Jean-Louis Foncine conte la rencontre et les difficiles débuts de l’amitié entre Guy Morlovski et Michel Harlant. Guy a perdu son frère durant la guerre. Il est persuadé que c’est le frère de Michel, également décédé durant la guerre, qui l’a tué et souhaite ardemment se venger. Mais Michel, qui est en train de former une équipe de raiders, discernera, derrière le désir de vengeance, un cœur profondément meurtri et n’aura de cesse de faire comprendre à Guy que non seulement l’assassin de son frère n’est pas celui qu’il croit mais de plus qu’il peut retrouver auprès de ses amis l’amour et la chaleur du disparu. Le tout évidemment au milieu de nombreuses aventures exceptionnelles « à la Foncine » (grand jeu scout, bande de crapules, courses à ski…), ce qui en fait bien entendu un véritable roman d’aventures. On le devine, Les Forts et les purs est encore un récit complexe. Voici donc les grands traits que Jean-Benoît Puech en dégage.

Roman policier : Dès le début, la police apparaît pour rechercher Guy. Suivent le cambriolage d’une villa et la découverte que Guy est à la solde d’une bande d’anciens miliciens qui exploitent des adolescents perdus… Mais l’enquête porte avant tout sur les raisons qui attisent sa haine envers Michel. Comme dans Le Relais de la Chance-au-Roy, un air de chat-tigre habite le roman.

Roman psychologique : Michel, bien qu’il sente que Guy le déteste, ne cesse d’être présent pour lui. «il a, non sans un discernement exceptionnel, l’affection d’un aîné solide pour un cadet dévoyé mais intransigeant et courageux, qu’une confiance soutenue aidera à reprendre la bonne direction.» Si Michel est sûr de lui, Guy l’est moins. Il est tiraillé entre sa promesse de vengeance et l’amitié qu’il sent naître en lui pour Michel. Foncine joue d’ailleurs avec brio de cette ambivalence.

Roman historique : Les Forts et les purs peut être considéré comme une réflexion sur la Seconde Guerre mondiale. Guy, réfugié de Finlande, pense que son frère aîné a été tué par le frère aîné de Michel (soldat). C’est faux : c’est un partisan fanatique qui est responsable du meurtre. La haine de Guy pour Michel disparaît finalement au profit de l’affection, ce qui amène la question : «Sur quelles bases construire la réconciliation ?» Pour Michel, il s’agit simplement de deux conceptions de la vie : l’appât du gain et du pouvoir contre la recherche de la noblesse de cœur. Evidemment, comme on est chez Foncine, on dépasse vite ce manichéisme pour une opposition toute en nuances.

Roman de formation : il y a la formation de Guy, bien sûr, mais Les Forts et les purs est aussi un véritable manuel à destination des éducateurs qui doivent faire face à des adolescents en crise. Michel est un modèle en tout et sait rattraper les différents écarts de Guy pour le ramener dans le droit chemin.

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Signe de Piste n°48, 1959

En plus de tout cela, on retrouve bien entendu dans Les Forts et les purs la plume magistrale de son auteur qui a fait la réussite du Relais de la Chance-au-Roy. Le talent romanesque de Jean-Louis Foncine est encore plusieurs fois prouvé. D’abord avec les différents temps du roman (le moment de l’histoire, celui d’avant, celui d’après avec la narration de Jean-Pierre), les intrigues secondaires (la vie de Guy, celle de Michel), les interventions de narrateurs extérieurs (le journal de Jean-Pierre), ensuite avec la psychologie de Jean-Claude, dont Michel et Guy représentent les différentes aspirations (le duel ange blanc – ange noir), et finalement les sublimes descriptions, les différent tableaux qui offrent une scène à l’action : la campagne française riche en Histoire du pays de l’Ourcq, les panoramas enneigés des Vosges ou encore l’Alsace, avec ses cicatrices de la Seconde Guerre mondiale…

«Enfin, il faut ajouter que cet art s’efface toujours humblement devant ce qu’il sert : une action et une sensibilité uniques, une affection lucide pour la jeunesse insouciante et soucieuse, fragile et forte, impatiente et fidèle.»

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Nouveau Signe de Piste n°7, 1975

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05 mars 2008

Les Cahiers Robinson - 2

Sur Jean-Louis Foncine
Partie 1 : Le Relais de la Chance-au-Roy, « roman de Foncine »
Jean-Benoît Puech
Cahiers Robinson n°21, La Bibliothèque Rouge et Or - 2007

Jean-Benoît Puech commence par résumer longuement l’intrigue du Relais de la Chance-au-Roy. Certes détailler l’histoire enlève au lecteur potentiel le « plaisir de la découverte » mais Jean-Benoît Puech s’en excuse de la manière suivante : « je le prie (le lecteur) de m’accorder l’humble joie que j’ai eue à marcher méticuleusement et respectueusement dans les pas d’un des grands maîtres de la littérature pour la jeunesse. ». Pouvait-on rendre plus bel hommage à Jean-Louis Foncine ?

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Cyril - 1941

Jean-Benoît Puech analyse en profondeur Le Relais de la Chance-au-Roy et ce qui en fait un « roman de Foncine », c'est-à-dire une œuvre exceptionnellement complète et complexe, qui synthétise à elle seule un nombre impressionnant de genres et références littéraires. En voici la liste (fortement) résumée.

Roman d’aventure : Explorations périlleuses en territoire hostile, constructions de fortins et combats impitoyables se succèdent comme chez les maîtres du genre Roman fantastique : Le Relais « commence comme un conte de fées et continue comme un roman gothique », le tout illustré principalement par des décors aussi grandioses qu’hallucinants (château mystérieux, galeries fantomatiques, cimetière effondré, moine érudit…) Rien ne manque au tableau magistral que Jean-Benoît Puech compare à une gravure de Gustave Doré.

Roman policier : Le personnage principal, Jean-Pierre, est surnommé Johndick et a le talent de Nick Carter. Au passage, Jean-Benoît Puech signale ici une préfiguration des enquêtes du Chat-Tigre.

Roman historique : Le grand jeu représente la prise des territoires de Charles-Quint par les Français, à travers le journal acheté par Jean-Pierre, les récits du précepteur, du moine, et surtout du Comte.

Roman souvenir : On peut voir dans Le Relais de la Chance-au-Roy un souvenir des lectures d’enfance et expériences de Jean-Louis Foncine : Buffalo-Bill ou Nick Carter, l’Aiglon de Rostand, L’Ile au trésor, Robinson Crusoé ou encore Le Grand Meaulnes. Et puis bien sûr des auteurs scouts comme Kipling ou Guy de Larigaudie.

Roman scout : Même si un héros se distingue du groupe, c’est une patrouille qui est au centre du récit. Les rapports et relations entre les six garçons peuvent être considérés comme une intrigue secondaire et permettent de « montrer en acte certaines capacités physiques, qualités morales et compétences techniques développées par le scoutisme » (épanouissement physique, respect de l’autre, perspicacité intellectuelle, courage, esprit pratique et évidemment sens de l’équipe).

Roman d’apprentissage : …sous forme de Grand Jeu scout, au-delà du roman scout de base. Jean-Benoît Puech note d’ailleurs qu’il ne s’agit pas de grand Jeu et donc de fiction à proprement parler puisque les héros sont persuadés d’être confrontés à une aventure réelle. Si quelques indices de la mise en scène sont dispersés dans le roman, le lecteur se laisse emporter comme les personnages et croit à l’aventure de l’Hirondelle comme les scouts eux-mêmes.

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Pierre Joubert - 1954

Le Relais est donc un « roman de Foncine » par tout cela mais aussi par les caractéristiques suivantes, récurrentes dans les romans de Jean-Louis Foncine.

L’art du mystère : Un des points forts de Jean-Louis Foncine. Suspens dès le début, nombreux rebondissements, identification profonde aux personnages… pour enfin finir sur la révélation suprême : tout cela n’était qu’un jeu ! (selon les éditions, on peut même ajouter un ultime rebondissement avec la dernière traîtrise du précepteur, ndlr)

L’art de la narration : Accélérations, ralentissements, changements de points de vue, descriptions évocatrices… Foncine joue de tout cela pour restituer, à travers des yeux d’enfants et le filtre de ses souvenirs, des paysages magnifiés. Le Pays Perdu n’est pas seulement un espace géographiquement et historiquement riche, pas seulement le pays d’origine de Jean-Louis Foncine. C’est aussi son jardin secret, « le monde qu’il portait en lui obscurément de longue date et que la fiction lui a révélé au rythme de ses explorations ». Sans oublier la forêt qui « le hante et l’inspire », infinie, puissante, pleine de bruits et de vie(s) mais pas effrayante pour autant, au contraire amicale, recelant de superbes secrets (ruines, cryptes), cadre d’aventures en équipe, de regroupements chaleureux entre amis.

Le passage à l’âge adulte ou l'émancipation du cocon familial : « l’alliance de deux mondes qui sont peut-être deux âges d’une même vie ». Le premier monde s’incarne dans l’enfant chétif prisonnier de sa famille (et de son château) qui rêve de s’en affranchir et de dépasser les contraintes (s’échapper du château) pour participer à ''la vie fière et joyeuse des scouts'', s’intégrer aux groupes de garçons solides toujours prêts à l’aider, c’est-à-dire le second monde.

Le romantisme : Il se dégage de toute l’œuvre, indépendamment de (ou grâce à) tout le reste. Comme les héros avec lesquels il vit intensément chaque minute, le lecteur est complètement sous le charme. Foncine tente de nous faire vivre, au travers du Relais de la Chance-au-Roy, des aventures impossibles dans des vies d’adultes et « nous prépare à affronter une vie trop souvent privée de la grandeur du mythe. »

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Pierre Joubert - 1971

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18 février 2008

Les Cahiers Robinson - 1

Claude Campagne, entre mémoire et amnésie
Francis Marcoin
Cahiers Robinson n°21, La Bibliothèque Rouge et Or - 2007

capitaine

Francis Marcoin analyse en profondeur les romans de Claude Campagne (Jean-Louis et Brigitte Dubreuil), notamment Adieu mes quinze ans…, l’une de ses plus belles réussites chez Rouge et Or. Mais nous ne résumerons ici que le passage consacré au Signe de Piste. Afin de mieux comprendre les liens qui unissaient Claude Campagne au Signe de Piste, voici un passage de Francis Marcoin, qui suit l’évocation de 15 histoires d’amitié, signé Claude Campagne et publié chez Gauthier-Languereau : «Quant au directeur de cette ''série 15'', Claude Appell, c’était un ami de longue date de Jean-Louis Dubreuil. Car, grâce à ses confidences, nous pouvons renouer le fil d’une carrière : ancien journaliste, Jean-Louis Dubreuil, né en 1914, diplômé de Sciences politiques, section diplomatique, a publié deux romans dans la collection ''Signe de Piste'' dont le catalogue contient également des ouvrages de Claude Appell. Aux dîners littéraires de Mlle Gilleron, la directrice de la maison Alsatia, Jean-Louis Dubreuil retrouve tout un petit monde qui navigue entre le roman scout et France magazine : Serge Dalens, Jean-Louis Foncine, Arnauld de Corbie, Pierre Joubert, ou encore Claude Appell.

Francis Marcoin s’arrête longuement sur Le Capitaine du Jamboree. Le thème de ce roman, entre amnésie et retrouvailles familiales d’après-guerre, est récurrent chez Jean-Louis Dubreuil. On le retrouvera entre autres dans Adieu mes quinze ans…

Par une brève présentation du décor initial (Boulogne sur Mer, juste après la guerre, encore marqué par les bombardements) et des personnages (Philippe Hardelot, adolescent fils de marin et Jeffry Davidson, capitaine d’un navire appelé Le Jamboree), Francis Marcoin montre toute la poésie et la puissance d’évocation du roman. Philippe Hardelot, dont le père a disparu avec les convois de l’Arctique durant la guerre, croit un jour le reconnaître dans un marin un peu bizarre, Jeffry Davidson. Il se lance alors dans une quête à travers l’Europe et les mers pour tenter de découvrir si cet homme, qui a perdu tous ses souvenirs, est vraiment celui qui lui manque tant…

Au-delà de l’histoire, Francis Marcoin s’attarde sur la dimension internationale du Capitaine du Jamboree et sur la portée que le roman a pu avoir dans l’Europe d’après-guerre, par son message de réconciliation et de collaboration entre les peuples. Il a d’ailleurs été publié par la branche allemande d’Alsatia, sous le titre Die Botschaft ohne Absender. L’amnésie des personnages devient ainsi une image pour montrer qu’il faut parfois savoir « oublier » certains événements historiques.

Jean-Louis Dubreuil construit en fait tous ses romans sur le même modèle. Dans Expédition de secours, le point central est encore une fois un raid international, dont la raison est un drame familial que le principal protagoniste, trop jeune au moment des faits, essaie de se rappeler. Là aussi, c’est la réconciliation qui prévaudra sur la vengeance.

La recherche des souvenirs perdus mise en parallèle avec la réconciliation franco-allemande n’est d’ailleurs pas une spécificité de Jean-Louis Dubreuil ; on retrouve le même schéma notamment chez Jean-Louis Foncine avec Le Glaive de Cologne.

Dans les influences de Jean-Louis Dubreuil, Francis Marcoin cite également La Bande des Ayacks et le roman scout en général. On n’oublie pas que Jean-Louis Dubreuil a dirigé les trois premiers volumes de La Fusée et que dans Adieu mes quinze ans..., «le prince blond norvégien qu’est Yann apparaît clairement comme une sorte de réincarnation du prince Eric de Serge Dalens.»

Enfin, comme un passage de flambeau, Francis Marcoin évoque rapidement Un certain bonheur, dans lequel Hugues Montseugny reprend les thématiques du secret familial et de l’amnésie si chères à son père…

--> Biographie de Jean-Louis Dubreuil <--
(*et témoignage de Jean-Louis Foncine, cité comme source par F. Marcoin)

PS : si quelqu'un posséde la couverture d'Igor Arnstam du Capitaine du Jamboree, ce serait bien gentil de nous l'envoyer.

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16 février 2008

La Nef

Une amie nous signale dans La Nef (mensuel catholique, n°190, février 2008), une interview d'Alain Gout, directeur de la collection Signe de Piste.

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18 décembre 2007

Dictionnaire de littérature à l'usage des snobs

Pour la seconde fois de l'année, le Signe de Piste se retrouve dans le dictionnaire. Il s'agit cette fois du Dictionnaire de Littérature à l'usage des snobs et surtout de ceux qui ne le sont pas (si, si, c'est le titre entier) de Fabrice Gaignault aux Editions Scali (août 2007).

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"Signe de Piste : Jusque dans les années 1960, les garçons avaient les culottes courtes, et une fâcheuse propension à allumer des feux de camp dès que l’occasion s’en présentait. Le soir, à la veillée, venait l’heure du grand recueillement, la lecture des aventures du prince Eric et de son ami Christian, de Baudouin le roi lépreux, de Mik Fondal, l’intrépide détective, de Yug, l’enfant de la préhistoire. Les auteurs de ces aventures étaient parés du plus grand prestige, Serge Dalens, Jean-Louis Foncine, Guy de Larigaudie ou Bertrand Mézières, plus connu sous le nom de Bertrand Poirot-Delpech (dont il se murmure qu’il servit de modèle dans ses jeunes années au Prince Eric). La star de ces livres demeurait toutefois l’illustrateur Pierre Joubert, dont le trait délicat permit à des générations de jeunes garçons de se poser des questions angoissées sur leur sexualité… On ignore si François Nourissier, Michel Tournier, Sylvain Tessin, Eric Tabarly ou l’astronaute Jean-Loup Chrétien, lecteurs fidèles du Signe de Piste, furent de ceux-là. Qu’importe, l’enfance est un vert paradis où le péché originel n’existe pas."

Présentation de l'éditeur : Comment ai-je pu penser que le Club des Longues Moustaches était une association de gays pileux ? Où est situé ce restaurant de l'Algonquin dont on me répète qu'il était le centre du monde au début du XXe siècle ? D'où sortent ce baron Corvo et ce Zo d'Axa ? Suis-je tenu de relire l'intégrale des colloques de Cerisy, de me mettre à la post-poésie et à la littérature agénérique ? Pourquoi les Crosby sont-ils jugés beaucoup plus importants que les Fitzgerald ? Dois-je lire ce mystérieux B. Traven dont on m'assure qu'il surpasse Conrad et London ? Suis-je vraiment un idiot de croire que la Paris Review est un guide touristique consacré à la Ville Lumière ? Jean de La Ville de Miremont est-il le plus grand écrivain français du XXe siècle, comme on me l'affirme dans les dîners ? Qui est cet André Blanchard, de Vesoul, qui provoque crises de spasmophilie à la seule évocation de son nom ? Quel est le prix littéraire le plus déjanté ? Pourquoi devrais-je prêter attention aux journaux du défunt Matthieu Galey ? Suis-je obligé d'aller acheter mes livres à Tours, place Grand-Marché ? Ce lexique indispensable de connaissance littéraire pointue s'adresse à tous ceux qui soupçonnent l'existence d'un autre monde derrière les grandes figures imposées. Entre seconds couteaux ignorés ou oubliés, figures de dandy vénérées, personnages pittoresques, us et coutumes d'une secte étrange, ce dictionnaire d'un genre inédit est un remarquable voyage à travers la littérature. Et confirme le mot de Schnitzler selon lequel le snob a en général raison.

Ce livre a fait l'objet le 20 septembre 2007 d'une critique dans L'Express. Le Signe de Piste y était cité.

--> En savoir plus avec Alapage <--

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25 octobre 2007

Harry Potter

Enfin demain, on saura tout ! Dix ans d'attente pour enfin savoir toute la vérité ! Grande question : Harry Potter va-t-il disparaître à la fin du tome 7 ? Sa créatrice le tuera-t-elle, comme d'autres auteurs ont tué leurs héros à l'aube de leur vie d'adultes ? Prendra-t-elle exemple sur Saint-Exupéry ou... Serge Dalens ?

Eh non, ce n'est pas nous qui nous posons la question, cette fois, mais Le Monde, dans son édition du 26 octobre. Sauf que nous, le lien Prince Eric - Harry Potter, on l'avait fait avant, na.

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J. K. Rowling : la championne planétaire de la "fantasy"
LE MONDE DES LIVRES | 25.10.07

© Le Monde.fr

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02 juillet 2007

Valeurs actuelles

Bénédicte Fournier nous signale la parution dans le n°3683 de Valeurs actuelles (29 juin 2007), d'un dossier spécial "Les Scouts 100 ans d'aventure". Et tant qu'à faire, une jolie page sur le Signe de Piste, avec des interventions d'Alain Goût et d'Eric Bargibant. Et un encart sur MiTacq et ses Castors.

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(cliquer sur la photo pour agrandir)

--> Le site Valeurs actuelles <--

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23 juin 2007

A bove ante, ab asino retro, a stulto undique caveto*

Parution hier sur le blog de l’association Jeux de Piste (consacrée à la littérature d’aventure pour la jeunesse) d’un petit texte légèrement ? subtilement ? carrément incendiaire envers « les faux amis, les haineux, les jaloux, les critiques analystes, les ragoteurs, les Je-sais-tout, les fouilleurs de feuillées » du Signe de Piste. Allez savoir pourquoi, suite à quelques très vieilles histoires, nous nous sentons légèrement ? subtilement ? carrément visées par ce déversement de haine, jalousie, critique analysée, ragot, je-sais-toutisme, fouille de feuillées. Seulement la question se pose tout de même de savoir et de comprendre ce qui, d’un coup, a poussé l’association précédemment citée (ou du moins son président) à sortir de son habituelle torpeur pour se lancer dans des discours aboutis, réfléchis et argumentés (hum !) sur les compétences qu’elle suppose à ses collègues ? confrères ? concurrents, disons.

Revoyons donc nos dernières mises à jour, en étudiant de près ce qui aurait pu blesser ladite association.

La Gazette de Birkenwald
C’est sûr, chanter les louanges de Joubert, MiTacq, Jijé sur 32 pages, c’est pas tip-top pour la Collection. Pourtant l’organisateur de l’exposition a apprécié. Tant pis, la prochaine fois on dira que c’était moche, inutile, vulgaire, grossier, complètement nul. Et on se donnera même pas la peine d’y aller, on commentera de notre canapé. Comme ça on est sûres que le Signe de Piste en sortira grandi.

Le tome 2 de l’Intégrale
En quoi trouver que les images sont trop petites et trop serrées nuit-il à l’œuvre de Pierre Joubert ?
En quoi trouver que les six-filles n’ont rien à voir avec les Bérurier, que le survivalisme est une notion étrangère à la plupart des lecteurs, que l’ethos n’a pas sa place dans ce livre diminue-t-il le prestige de Pierre Joubert ?
Ou bien est-ce le fait de lancer le débat sur l’utilité de l’analyse de l’œuvre d’art et de citer à ce propos les avis contraires de Jacques Dutrey (spécialiste es. Joubert) et des éditions Delahaye (publié sur leur blog) ?

La réputation sulfureuse de Pierre Joubert
Apparemment, le texte est un peu long, ou peut-être un peu compliqué. Simplifions donc le propos et rappelons-en l’origine. La semaine dernière, Nelly, sur son blog, se demande d’où vient la réputation douteuse des dessins de Pierre Joubert et conclut (en gros) que ces dessins s’inscrivent dans la lignée de la représentation chrétienne du corps de gloire à travers celui de l’adolescent (vachement plus simple). La moitié de l’équipe de Nampilly lève un sourcil devant cette affirmation ; « Ah mais non. Il a loupé un truc, là ! » (l’autre moitié fait « oui, oui » d’un air pénétré mais inquiet, se demandant quel dictionnaire va pouvoir l’aider à décoder la suite) et se lance illico dans une contre-analyse, tentant de démontrer (apparemment avec peu de succès) que les inspirations de Pierre Joubert et des romans Signe de Piste seraient bien plus proches de l’adolescent néo-platonicien. Bon, ça fait un peu (beaucoup) discours d’initiés. Mais en quoi cela peut-il choquer ou porter atteinte au Signe de Piste en général et à Pierre Joubert en particulier ? Mystère… Quelques termes un peu crus, peut-être ? Parents, couvrez donc les chastes oreilles de vos louveteaux, et tenez-les bien à l’écart de la statuaire grecque !

Sinon là, avant la fin du week-end, on va mettre en ligne une fiche sur Dany, médecin des nuages en bande dessinée. Nous prévenons donc à l’avance : nous n’avons pas pour but, avec ce texte, de lapider la toute nouvelle maison d’édition du Signe de Piste, mais simplement de mettre ce livre en avant, vu que personne ne s’est encore vraiment penché sur lui.

Quant au Signe de Piste Nouveau, nous n’en parlerons guère avant la rentrée (à moins que de nouvelles infos tombent d’ici là). Simplement parce que nous avons déjà dit tout ce que nous en savions (qu’il a été racheté par Delahaye) et que nous avons déjà donné l’adresse du seul site susceptible de tout expliquer : signedepiste.fr, le blog officiel de la nouvelle Collection (ligne éditoriale, auteurs pressentis, dates des parutions, rééditions, maquettes…). Dire que c’est bien ? C’est déjà fait. Et puis quoi ? Pour le moment on sait juste que le label appartient (enfin !) à des gens qui s’en préoccupent vraiment. Oui, évidemment, c’est cool, c’est chouette, c’est grandiose, c’est la nouvelle de l’année. Bon, on va pas passer l’été dessus, on attend de voir les maquettes et les parutions. Avoir le nom, c’est bien, avoir des livres, c’est mieux.

Donc en fait, vu tout cela, il est clair que nous ne pouvons être concernées par le post de la très active et conviviale association Jeux de Piste. Il doit donc exister, sur le net ou ailleurs, des organes concernant le Signe de Piste que nous ne connaissons pas. Nous prions les quelques rares lecteurs qui daignent encore nous rendre visite d’excuser notre ignorance et de nous éclairer s’ils le peuvent.

*Prends garde au bœuf par devant, à l'âne par derrière, à l'imbécile par tous les côtés

Posté par _ Pauline _ à 09:15 - Ce qui a été dit sur le Sdp - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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