chateau

(…) Un an de brouillons, de documentation laborieuse, La Plaine rouge vit le jour, manuscrit au stylo dans un cahier d’écolier – je n’avais pas encore de machine. On me dit : «C’est admirable mais, pour démarrer, mieux vaudrait un roman ‘’actuel’’». J’écris Tempête sur Nampilly. Ma Sologne, entre Orléans et Salbris, de Gien à Blois, j’en connaissais presque toutes les forêts, toutes les familles et, fidèle comme personne, l’admirable Mme. de Pontchevrain. En réalité, si je débordais de louables intentions, j’étais absolument dépourvu de métier. Ça ne s’improvise pas, ça s’apprend. J’avais donc tout à apprendre.

(…) On prétend que les paroles s’envolent et que les écrits restent. Est-ce pour cela que je continue ? Je n’en suis pas certain. Mais qu’importe si, ouvrant un jour au hasard un seul des mes quarante livres, un jeune découvre en une ligne, en un mot peut-être, des raisons d’aimer, de croire et d’espérer.

Bruno Saint-Hill
Les Chemins de l'aventure
1987

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