La collection dans la tourmente

Le "Courrier n°2" fut expédié aux Amis en 1978. On pensait alors s'orienter vers un périodique doté d'un numéro de commission paritaire, mais ce projet avec beaucoup d'autres échoua devant la situation désespérée de la trésorerie.

L'appui de l'éditeur lui-même était fragile, aussi fragile que lui, tout simplement. Dès 1978, la diffusion des livres SDP laissait fort à désirer, même les libraires se plaignaient, ne parlons pas des lecteurs. Éric Sellier et les Directeurs de la Collection se battirent tant qu'ils purent, mais n'évitèrent pas que l'Epi fût cédé à Desclée de Brouwer. « Jamais depuis lors, il n'y a eu aussi peu de promotion, de publicité. »

Quant à l'association, il était clair qu'il lui fallait cesser toute action de représentation extérieure qui ne fut à la charge de bénévoles ou de mécènes bienfaiteurs, exclusivement, et commencer à resserrer ses propres rangs. La nécessité d'un bulletin de liaison était impérative. Ce fut la tâche prioritaire de Philippe Roy qui devint président le 22 février 1980, Eric Sellier étant à son tour, comme Bruno Guénin l'avait été avant lui, contraint par ses tâches professionnelles à cesser son concours. Il n'était pas parti cependant sans anéantir généreusement une très grosse part des dettes de l'association envers lui.

Hommage à la Belgique

Le contact avec la Belgique était facilité à Philippe Roy par son implantation professionnelle à Bruxelles, quoiqu'il s'en absentât souvent. C'est ainsi que les Amis français purent recevoir pendant plusieurs années le bulletin belge alors devenu le lien de tous. Rendons cet « Hommage à la Belgique » comme a fait Paul Claudel en d'autres temps. Enfin parut notre premier vrai bulletin, expédié à tous les Amis en mai 1982. Sa parution ne fut sans doute pas aussi régulière et fréquente que celle du bulletin belge, mais elle ne cessa plus et devint ce « trait d'union » inestimable qu'elle est aujourd'hui.

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Quand les Amis du Signe de Piste se démènent

Ce fut alors le résultat du travail acharné et concerté de Pierre Lamoureux et Philippe Roy, en même temps que le début de constitution d'un fichier sérieux et utilisable… autant que faire se peut ! L'ami du Signe de Piste est en effet par nature souvent un corps instable, du moins tant qu'il est jeune, et c'est bien vers les jeunes lecteurs que l'Association a toujours pour but et pour tâche de se tourner.

Naturellement, les Amis ne cessèrent de se dévouer à droite et à gauche, « dans les Foires, les Festivals et autres réunions », pour promouvoir toujours davantage les livres qu'ils aimaient, les auteurs qu'ils célébraient, l'idéal dont ils vivaient. La générosité de tous remit la trésorerie en selle. Le travail se fit. On vit Jean-François Pays projeter à Nancy son film Hier, la liberté. Les auteurs se déplaçaient sans arrêt pour signer ici et là, ne ménageant ni leur temps, ni leur argent. Des expositions Pierre Joubert ne fermaient ici que pour rouvrir ailleurs. Dalens, Foncine, Saint-Hill, Dachs, Pays et combien d'autres sillonnaient l'hexagone et n'oubliaient ni Bruxelles, ni Francfort.

A suivre...

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