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diane1Enfin, on récupère la bonne caisse sur le Miaoulis mais : « ils virent une très belle tête de femme en marbre raccordée par un plâtrage grossier à une moitié de torse surmontant lui-même tout un assemblage de morceaux de marbre dont les liaisons en Dieu sait quelle mixture chimique avaient fondu au contact de l’eau ».

Tout est-il donc perdu ? A malin, malin et demi, Sami Reiss qui a volé la statue à Thémistocles n’a en fait emporté que quelques débris. Car Thémistocles est honnête, lui, enfin à peu près et il a expédié la statue en un lieu baroque et inattendu (où ? Ce sera le dernier coup de théâtre de ce roman) où le Commodore pourra la récupérer pour la transmettre avec quelques scrupules, (car enfin ce qu’il fait là n’est pas très moral) vite apaisés, au British Museum.

L’auteur se garde bien d’évoquer des protagonistes français et préfère charger les sujets de Sa Gracieuse Majesté.

Comme tout bon marin, le Sauvage est un excellent conteur et la première fois que j’ai lu ce livre, je me suis retrouvée transportée dans mon enfance, à la table familiale où j’écoutais, fascinée, mon père raconter ses souvenirs de campagne, récits merveilleux d’humour et d’anecdotes.

De la même façon, Le Sauvage qui a passé de nombreuses années à la division navale du Levant évoque à travers une intrigue séduisante, ses souvenirs et pose un regard bienveillant mais lucide, sur une galerie de portraits : « il aimait les Levantins et les Grecs » a écrit son fils.

Sami Reiss, le Syrien, retors et intéressé ferre le poisson et disparait, Vasili Papastratos junior, jeune garçon dégourdi de 12 ans, vite copain de David est le filleul de Vasili Papastratos chef du Service des Douanes à Poros qui joue sa partition personnelle. Mais quel jeu joue le jeune Vasili ?

Demetrios Pradelopoulos, photographe à Athènes, venu pour retrouver sa fiancée, embarqué par ruse sur le BB préfère finalement la délaisser pour suivre le commodore sur le BB.

On rencontre aussi le Père Mathias, vieux père jésuite qui a consacré sa vie à l’étude des religions d’Orient ainsi que le Pope Higoumène, autorité religieuse de Santorin et dont l’épouse Madame Higoumène tient un petit commerce d’épicerie doublée de l’exploitation d’une terrasse de café où tout le monde vient palabrer, car l’on palabre et l’on palabre et tout incident est immédiatement répercuté, enflé et revient à son auteur ou aux intéressés tellement déformé qu’ils ont du mal à le reconnaître. Et Thémistoclès eh bien il tient parole mais il ne manque pas de ruse.

Il y a encore quelques personnages pittoresques britanniques le vrai ou le faux John Campbell, Johny, etc, l’énigmatique Stéphan Fatowitch qui dit être un journaliste polonais.

Personnellement, je trouve ce roman extrêmement intéressant non seulement à cause du charme de l’histoire mais surtout parce que l’on sent les observations de première main d’un auteur qui a vécu longtemps dans ce Levant qu’il aime véritablement, à une époque particulièrement troublée.

Et pour finir, ajoutons que les illustrations de Pierre Joubert constituent une véritable collection de marines (un peu petites malheureusement) et comme toujours mettent le texte parfaitement en valeur. On s’amusera de voir que la jeune Betsy ne quitte pas sa jupe à fleurs sur le Blue-Bird même au plus fort de la tempête.

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