Sous le signe de la Tortue (1937)

tortue

Linapi-ma, tulapi-ma, tulapewi, tapi-tawi: Il y avait les hommes, il y avait la tortue, les hommes étaient sur la tortue, tous ensemble...

C’est par cet extrait du Walam-olum, l’épopée mythique des Indiens Leni-Lenape, que l’on appellera plus tard Delaware, que Georges Cerbelaud-Salagnac nous introduit au passage qu’il a choisi de romancer, celui de la migration des tribus du Saskatchewan (Canada) à la côte Est des Etats-Unis, dans ce qui deviendra plus tard l’Etat du Delaware. Une famine, par manque de bisons, décide peu à peu les Lenapi-Lenape à entreprendre cette longue route vers des territoires plus accueillants. Mais les dissensions entre peuples ou même entre membres des tribus, font de cette longue marche une épreuve souvent mortelle, ponctuée de durs combats contre les éléments et les animaux. Ainsi, nous découvrons pourquoi d’un peuple initial naquit trois clans, le Loup, l’Oie et la Tortue, dont l’intervention magique marqua profondément les esprits. Nous suivons aussi les aventures de Lynx blanc et de son frère, confrontés à la guerre, aux supplices, à la faim, le tout enduré avec la vaillance des jeunes guerriers.

A la fin du récit, alors que le clan de la Tortue semble avoir trouvé une terre qui le protégera d’errances incertaines, nous retrouvons, en post-face, le Walam-olum, avec ces quelques mots interrogatifs et pathétiques, qui assombrissent le happy end du roman aux yeux du lecteur, lequel sait bien quel sera le sort futur des Lenapi-Lenape:

Les hommes blancs arrivent
et ils font des signes de paix
qui sont-ils ?

à suivre...

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