"Un des côtés de l’étrange pièce avait disparu. A sa place s’ouvrait une rue étroite qui montait vers une très vieille église. Nils la laissa à sa droite, prit un sentier qui continuait de monter vers la forêt proche, entre un immense par cet un vaste cimetière. Au fur et à mesure qu’il avançant, une rose rouge s’épanouissait sur l’une ou l’autre tombe.
- Des âmes abandonnées qui réclament miséricorde, dit Baudouin. La rose appelle à la prière.
Cependant Nils avait atteint la forêt. Chemin faisant, il croisa un petit garçon qui s’était perdu, et le chargea sur ses épaules. Le temps d’un soupir, et voilà le petit garçon devant sa maison. Le temps d’un autre soupir, et voici de nouveau Nils grimpant entre les charmes et les châtaigniers.
Celui qu’il cherchait le vit approcher du haut de la petite éminence d’où il contemplait sa ville. Il ne parut ni affecté ni surpris. Lorsque Nils parvint près de lui, Eric l’invita à s’asseoir, et la conversation s’engagea.
Je me souvins qu’à cet instant précis, je fus frappé de l’aspect de certains arbres : leurs branches dépouillées jusqu’à mi-hauteur paraissaient mortes, et il fallait lever les yeux pour voir celles qui, jusqu’au faîte, portaient toutes leurs feuilles.
Yngve crut devoir expliquer :
- Tu saisis, Serge, la leçon de ces bois : si tu ne redresses pas la tête, tu ne respireras que solitude et tristesse. Mais si tu regardes vers les cimes, alors tu percevras le mystère de l’homme, et tu partageras son espérance.
A peine avait-il achevé de parler que les deux Eric étaient face à face : le prince et le poête.
- Sois le bienvenu, fit «mon» Eric à l’adresse de celui qui portait son nom. Et prends part à notre joie.
Souvent les grandes personnes, les savants… s’acharnent à détruire ce que seul le cœur peut comprendre. Les poètes, jamais."

princeeric

Nous souhaitons un très bon anniversaire au petit Prince du Signe de Piste.

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Courtesy SAS Eric Jansen
Texte Serge Dalens