Les Echos de Nampilly

Le blog de Nampilly.fr, des fans du Signe de Piste, du roman d'aventure, du Prince Eric...

12 mai 2008

Le Signe de Piste

Le livre

Ce petit recueil de nouvelles a été édité par Alsatia dans la collection La Croix potencée en 1939. Il est illustré par Camille Alby.

img112

Ce qui m’a amusée en tombant chez un bouquiniste sur ce tout petit livre (11 cm x 16 cm), c’est le rapprochement entre la 1ère et la 4eme de couverture, certainement voulu par Jacques Michel, directeur de la collection. On peut y voir qu'un titre de Jacques Michel, annoncé, n'est jamais paru. Il n'y aura finalement aucun titre de Jacques Michel dans la Collection Signe de Piste qu'il dirige cependant.

img113

Ce recueil comprend 4 nouvelles (toutes terriblement datées) et une préface du Père Jacques Sevin.
I – Le Signe de Piste
II – La Promesse de Michel Queyras
III – L’Aube de Dentelles
V – Sur le Pont Royal.

La préface

Jacques de NOIRMONT, scout de France, Commissaire de la Province d’Aquitaine et membre du Quartier Général, est «rentré à la Maison» le 24 Novembre 1932. C’est dire que beaucoup parmi les garçons qui campent actuellement sous la bannière verte ne l’ont pas connu. L’oubli vient vite. Il ne faut pas qu’un tel souvenir s’efface, qu’une telle lumière aille s’affaiblissant. Aussi les scouts ne sauraient trop remercier Jacques Michel d’avoir groupé en ce volume quelques fragments de l’œuvre trop courte et prématurément interrompu du Commissaire de Noirmont. Si ces pages ne nous renseignent pas sur sa vie, elles nous révèlent bien son âme. «Bel et Bon», disaient les grecs lorsqu’ils voulaient désigner un homme qu’on pouvait louer sans réserves. De l’âme de notre cher ami, on pouvait dire «belle et bonne». Ce fin gentilhomme avait horreur de toute laideur, et comme Lyautey la grandeur, lui, c’était la beauté qu’il créait sur son passage. S’il savait l’établir, délicate et sobre, dans son cadre de vie, il la rayonnait encore bien plus au spirituel, et il la répandait sans effort sur tous ceux qui l’approchaient. Impossible auprès de lui de demeurer médiocre ou vulgaire : sans recherche, sans maniérisme, sans préjugé de classe d’aucune sorte, tout ce qu’il touchait, il l’ennoblissait. C’est pourquoi ses pages, trop peu nombreuses, sont de celles qui font monter, et qui apaisent. Elles mettent dans le calme et dans l’ordre, parce que leur auteur, possédant la paix, la donnait aux autres. Il était vraiment « ’homme bon et pacifique» dont parle l’Imitation de Jésus-Christ. On ne pouvait l’imaginer autrement que bienveillant. En vrai scout il cherchait toujours ce qui rapproche, et je ne crois pas qu’on puisse citer de lui une parole ou un geste qui ne soient conciliables avec la plus exquise charité. Lisez donc ces «nouvelles», scouts de France. Elles vous montreront comment on conte une histoire, de ces longues histoires qui forment le charme de nos feux de camp. Surtout vous y retrouverez notre Loi vivante et vécue dans la vie de tous les jours. L’âme du Chef Jacques de Noirmont s’y confond avec le plus pur esprit scout, et c’est elle qui, derrière les héros de ses histoires, vous aidera à devenir meilleurs scouts encore et à montrer à ceux qui vous entourent que ce SIGNE DE PISTE est bon à suivre en vérité.

Jacques SEVIN, S. J.

img114

Le Signe de Piste

La première nouvelle, qui donne son nom au recueil, est le récit d’un débat intérieur que vit Olivier Féral. Olivier Féral a été recueilli tout petit par une tante très bonne qui l’a élevé. Ils vivaient à Paris et tout le bonheur d’Olivier était dans le scoutisme et spécialement «la troupe des scouts de France, la XIe Paris, où il était entré à 10 ans comme louveteau et où petit à petit jusqu’à il y a dix-huit mois, il avait dans l’ardente émulation du travail, joyeusement gagné l’un après l’autre ses insignes et ses étoiles.»

Mais la tante est terrassée par une crise cardiaque et le médecin lui interdit tout effort et surtout de grimper 5 étages tous les jours. Ils vont donc s’installer à Evelaine où la tante possède un petit logis et Olivier entre comme petit clerc à Surgy le Noble, chez Me Coquillot qui le rémunère très bien. La vie est donc d’un mortel ennui pour cet adolescent de 15 ans qui, en dehors de son travail, n’a plus aucune activité.

Et un jour d’été, Olivier Féral découvre, au pied d’un calvaire, des traits noirs grossièrement tracés au charbon. «Pas de doute, ce sont des Scouts de France qui ont laissé là ce signe de piste bien connu de tous les éclaireurs et qui signifie «camp par ici», dans la direction de la flèche.» Fou de joie, Olivier découvre qu’une troupe de scouts, la VIIe Vincennes campe dans le coin. Il obtient un congé de 8 jours de son patron (nous sommes dans les années 1930, ce sont des conditions de vie que Pierre Joubert a également évoquées, dans Souvenirs en vrac), et il campe avec les scouts, jours enchanteurs qui s’écoulent beaucoup trop vite.

La troupe repart et Olivier a la tentation terrible de partir à Paris en abandonnant la chère Tantine qui l’a élevé. Souffrance terrible, évocation de sa promesse scoute, prière intense au pied du calvaire et Olivier se saisit du morceau de charbon, barre le signe «camp par ici» et à sa place dessine un «cercle avec un point au centre», qui signifie : «je suis rentré à la maison».

Cette nouvelle a tout d'abord été publiée dans L'Ile de France ("le journal administratif de la province d'Ile de France") en mai 1930. Elle est ensuite parue dans Le Scout de France n°182 du 15 août 1933, en hommage au commissaire Jacques de Noirmont, décédé en 1932.

Anne des Déserts

img115
Merci à "notre perspicace Sherlokette" pour cette découverte !

motifmessage

Posté par nampilly à 07:59 - Curiosités - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1