08 mai 2008
Les Cahiers Robinson - fin
Les détours de la transmission : des romans scouts en quête de re-pères
partie 2
Laurent Deom
Cahiers Robinson n°22, Figures paternelles - 2007
--> Le début <--
Des adultes épargnés
On pourrait avoir l’impression que les adultes sont systématiquement dénigrés dans les Signe de Piste, mais certains sont épargnés, voire même valorisés. Ils ont pour trait commun le fait d’être toujours décrit comme jeunes (« un jeune homme », « un homme encore jeune », « une apparence juvénile »…), ce qui les rapproche des héros adolescents : le juge Lardy, l’abbé Chatel, Robert de Kertad, François Barré…
Détenteur d’une forme d’autorité (magistrat, chef scout, prêtre), ces adultes deviennent les idoles, les maîtres, la référence que les protagonistes choisissent de suivre comme substitut de leur figure paternelle. Le juge Lardy l’explique lui-même à Jacques : son métier, « c’est de [l’]aider à devenir un homme ».

Nouveau Signe de Piste n°39, 1989
Le discours du maître
La fonction de père peut être assurée par l’histoire elle-même, à travers un personnage, comme le montre le paragraphe précédent, mais il peut également l’être par l’auteur lui-même qui prend la parole. Ce discours direct se trouve principalement dans les préfaces. Sur les 21 romans qu’étudie Laurent Deom, 16 comportent une préface. Dans 7 de ses préfaces, le locuteur s’adresse directement à son lecteur. C’est le cas notamment de Serge Dalens (« Je souhaite qu’Eric et Christian soient vos amis comme ils demeurent les miens… »). L’auteur assure donc ainsi le discours du père réel durant le temps de la lecture.
Conclusion
Le fait que les parents soient dans l’impossibilité d’accomplir leur tâche envers leurs enfants ne dévalorise pas forcément les adultes et ne remet pas en cause leur autorité. Les romans scouts montrent que, lorsque ceux qui devaient occuper la place du maître s’en révèlent incapables, d’autres, plus aptes, sont désignés pour remplir leur rôle. La transmission passe ainsi des uns aux autres, et l’autorité est sauve, aussi bien dans le récit que dans la relation entre l’auteur et son lecteur.
Dans ces romans, l’objet de la transmission dépasse la simple éducation pour toucher au processus initiatique et transformer le lecteur à travers les personnages. Ceci reste à préciser.
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