Les Echos de Nampilly

Le blog de Nampilly.fr, des fans du Signe de Piste, du roman d'aventure, du Prince Eric...

16 mars 2008

Les Cahiers Robinson - 4

Sur Jean-Louis Foncine
Partie 2-b : Deux romans scouts de Jean-Louis Foncine - Le Glaive de Cologne
Jean-Benoît Puech
Cahiers Robinson n°21, La Bibliothèque Rouge et Or - 2007

Dans la dernière partie de son article sur Jean-Louis Foncine, Jean-Benoît Puech se penche sur Le Glaive de Cologne. Comme Les Forts et les purs dont il est plus ou moins une suite, Le Glaive de Cologne est l’histoire de la réconciliation entre deux ennemis. Il s’agit cette fois de deux garçons, un Allemand et un Français, qui portent encore douloureusement les cicatrices de la guerre faite par leurs parents.

glaive
Signe de Piste n°71, 1954

Dans les années cinquante, Olivier et son équipe scoute sont invités par Wolfgang et son frère au cœur de la Forêt noire pour un camp d’été. Il s’avèrera que Wolfgang a connu durant la guerre le père d’Olivier et que sa famille n’est pas étrangère à sa disparition… Ce mystère à éclaircir a d’ailleurs un petit côté Chat-Tigre qui donne un second souffle à l’histoire.

Encore une fois, Foncine utilise le Grand Jeu scout pour nouer l’intrigue. Comme dans Le Relais de la Chance-au-Roy, on retrouve un raid dirigé par des chefs mais qui est vécu intensément et de façon « vraie » par les adolescents qui le jouent. Encore un roman de formation, donc, dans un cadre aussi romantique que le Pays Perdu : l’intensité de la forêt noire, ses odeurs de pins, ses villages fleuris, ses lacs orageux…

Ce décor idyllique cristallise les sentiments et la psychologie des personnages. Foncine sait intégrer cette psychologie à l’action de façon à ne pas l’interrompre. Chacun des trois personnages principaux a des caractéristiques bien particulières tout en étant très liés aux deux autres. Olivier, Wolfgang et Karl ont tous trois perdus leur père durant la guerre. Olivier, qui n’en a pas fait son deuil, peut être décrit comme « direct » et « abrupt » alors que Wolfgang est plus « réservé » et « farouche ». Quant à Karl, il est « fier » mais « fragile ». L’affrontement puis la réconciliation entre Olivier et les deux Allemands ne sont pas explicités, disséqués, analysés. Ils sont simplement évoqués, incarnés à travers des événements et des épreuves que les héros doivent surmonter.

A la fin du roman, il faut que la vérité éclate : c’est le père de Wolfgang qui a livré le père d’Olivier aux Allemands alors qu’il se cachait. Comme dans Les Forts et les purs où Guy croyait que le frère de Michel était responsable de son malheur, Olivier était persuadé que le coupable était Wolfgang. Encore une fois, il s’agit d’une erreur. Cette erreur représente le conflit de 1939-1945 et c’est de la vérité dévoilée que vient la réconciliation.

La dernière partie de l’œuvre fait douloureusement revivre des événements de la guerre (jusqu’à un incendie de forêt), montrant comment l’Histoire est présente dans chacun des destins des héros. Bien que Karl puisse représenter, par ses rêves déçus d’un nazisme juste et bienveillant, une véritable idéologie, tout discours politique ou dogmatique est exclu du roman.

Par rapport au roman précédent, Les Forts et les purs, Le Glaive de Cologne perd en discours social mais gagne en « pureté romanesque ». Il est distancé en pédagogie mais le rattrape en affection incontrôlée. Entre idéalisme et réalisme, Le Glaive de Cologne est un autre roman fort, un autre chef d’œuvre de Jean-Louis Foncine.

NSP_020_Le_Glaive_de_Cologne__1976
Nouveau Signe de Piste n°20, 1976

motifmessage

Posté par nampilly à 08:55 - Ce qui a été dit sur le Sdp - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Poster un commentaire







Rétroliens

URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=52417&pid=8338395

Liens vers des weblogs qui référencent ce message :