13 décembre 2007
Assemblée générale des Amis du Signe de Piste
Paris
9 décembre 2007
On entend un peu partout que le Signe de Piste est une collection formidable, fantastique, sensationnelle, inégalée et j’en passe. Quand on rencontre des gens qui y ont participé ou qui la soutiennent depuis des dizaines d’années, on comprend mieux pourquoi. Cela prend encore plus de sens quand toute la grande famille est rassemblée, d’où l’intérêt des assemblées générales de l’Association des Amis du Signe de Piste. L’avantage quand on anime un site Internet sur le Signe de Piste, c’est qu’on est facilement introduit, que tout le monde nous connaît, et qu’à la réflexion, on connaît presque tout le monde aussi. On se rend d’ailleurs compte au passage que finalement le Signe de Piste est très actif sur le net. Presque tous les sites ou blog étaient représentés dimanche : sdp-livres, Nelly, le site de l’association évidemment, et nous encore plus évidemment. Passé l’étonnement du premier « Ah bon toi c’est tel site ? Ben moi c’est tel autre », on constate que tout le monde lit tout le monde et on s’amuse à confronter les différentes façons de penser et retranscrire le Signe de Piste sur Internet.
Le Signe de Piste étant aussi (ou avant tout, comme on veut) fait d’auteurs, quelques-uns étaient présents dans l’assemblée. Très exactement quatre et demi : Jean-Marie Dancourt, Loïc Ervoan, Jean-Louis Haussaire, Yves Taillefer et Boris Lalande.
Ce dernier, revenu des oubliettes via le site Internet de l’association, s’est gentiment prêté au jeu du discours « qui-quand-quoi-comment-pourquoi ? » et nous a raconté l’histoire de « son » Signe de Piste : Pension Cranach. Un livre peu connu, aujourd’hui daté, qui ne repose pas vraiment sur des bases réelles mais qui pourtant, à l’époque de son écriture, rassemblait les principaux ingrédients d’un vrai Signe de Piste. L’histoire est d’ailleurs amusante : hésitant dans sa jeunesse entre écrivain et poète, Boris Lalande (c’est un pseudo mais qui n’a strictement rien de russe !) opte finalement pour… les maths et l’ingénierie. Il revient à l’écriture avec Pension Cranach qu’il bâcle (osons le dire) en un après-midi. Le manuscrit est accepté par Alsatia à condition d’être entièrement revu. Le roman sort en 1956. Boris Lalande part ensuite pour l’Algérie, revient en reprenant son métier d’ingénieur. Ce qui marque la fin de sa carrière d’écrivain.

Boris Lalande
Suit évidemment le speech d’Yves Taillefer, que tout le monde attendait avec impatience. Il est bien entendu qu’Yves Taillefer n’est PAS un auteur Signe de Piste, qu’on ne peut donc PAS l’appeler comme ça et que ses romans (Le Deuxième Jeu et Iaume le preux) ne sont PAS des Signe de Piste, vu qu’ils ne sont PAS édités par Signe de Piste. Oui mais bon, qu’on le veuille ou non Le Royaume et la Gloire présente quand même tout plein de bons côtés d’un Signe de Piste. Donc on peut dire que c’est une série dans l’ESPRIT du Signe de Piste, ce qui justifie amplement sa mise en avant par l’association. Ceci étant dit, Yves Taillefer (notre demi-auteur), après une séance de dédicaces où on se battait un peu pour arriver jusqu’à la table (ce qui reste dans le ton du roman), Yves Taillefer, donc, est entré un peu plus dans le détail de ce que représente pour lui ce travail, comment il l’a accompli, quels sont les messages qu’il a souhaité transmettre à travers la patrouille du Lynx.
Plus qu’un roman, Le Royaume et la Gloire est, aux yeux de son auteur, un témoignage, un récit de la véritable expérience scoute. Car même si les personnages principaux du roman n’existent pas et ne sont pas de « vrais » scouts, ils parlent couramment la langue scoute adaptée aux garçons de 16 ans d’aujourd’hui, ont les sentiments très forts propres aux garçons de leur âge, faits d’envie d’aventure et de flemme, d’amitié et de haine, de responsabilité et de sensation d’être perdu. A la lumière de cette analyse, on comprend encore mieux, s’il en était besoin, les deux romans. Et l’on comprend surtout qu’Yves Taillefer est profondément imprégné de la méthode d’éducation scoute qui transparaît dans ses livres, particulièrement à l’écoute des adolescents « réels » et doté d’une exceptionnelle clairvoyance sur leurs attentes et leurs besoins. Ainsi sa vision sur la pertinence du Signe de Piste aujourd’hui : « il doit accomplir sa vocation propre, c’est-à-dire être l’expression littéraire de l’adolescence, en opposition à l’expression littéraire de ce que les adultes pensent de l’adolescence. Il y a, là-dessus, une frilosité des éditeurs. Or il est contre-productif de surimposer les schémas, grilles et limites des adultes sur l’univers des adolescents. C’est pareil pour les chefs scouts : il ne faut pas faire entrer les scouts dans les grilles des adultes. La pertinence du Signe de Piste est de prendre l’adolescent comme il est (avec ses progressions). » Et de citer en exemple les romans de Jean-Louis Foncine d’après guerre, tel Les Forts et les purs ou encore ceux de Jean d’Izieu. Yves Taillefer note particulièrement, chez Jean d’Izieu, « la vérité des personnages dont il parlait, avec justesse et une grande pureté d’écriture, même si cela peut sembler daté aujourd’hui ». On citera également parmi ses influences Signe de Piste plus scoutes Jean Valbert et… Serge Dalens (quand même !).

Yves Taillefer
Une fois tout ce bla bla terminé, l’assemblée générale a pu se dérouler (presque) sans accrochages et (presque) selon l’ordre du jour. Point sur les actions passées, en cours ou à venir, rapport moral, bilan financier, élections, questions diverses (z-et variées) et tout le tintouin associatif habituel. Tout cela sera sans doute relaté dans le prochain bulletin de l’association.
Puis dispersion en petits groupes pour des discussions plus personnelles. Echanges d’impressions, conseils de lecture, derniers potins… Bref, les petits papotages normaux de cour de récré. Ou comment le Signe de Piste envahit la salle du Chapitre d’un couvent dominicain et devient, pour une après-midi, le dernier salon où l’on cause. Mais avec tout ça il est déjà 18h et il faut rentrer à la maison. Certains filent à Vêpres ou à Montparnasse, d’autres se font la bise (ou pas), d’autres encore font du baby-sitting pour le petit Eric qui attend ses parents dans la salle, le reste s’éparpille sous la pluie et quelques-uns se tâtent pour un after... De midi à 22h, une journée Signe de Piste bien remplie et comme on en aimerait plein plein d’autres. Et elles viendront, n’en doutons pas !




