14 septembre 2007
Bulletin des Amis du Signe de Piste

Le Bulletin 69 des Amis du SDP vient de paraître. Pas de doute, c’est un grand cru, tant dans la qualité et l’intérêt des textes que dans la richesse des événements qu’il rapporte et qui ont secoué le monde du SDP depuis le printemps dernier. Déjà l’annonce de l’AG qui se tiendra le 9 décembre est agrémentée du « lancement et de la promotion » de deux romans scouts, les deux volets d’une série intitulée superbement Le Royaume et la Gloire, par Yves Taillefer, lequel sera présent à l’Assemblée pour la dédicace de ses ouvrages et répondre aux questions des membres alléchés... Le Royaume et la Gloire créera sans nul doute l’événement au sein de l’Association en cette fin d’année.
Autre événement, mais un peu plus tard : l’exposition Images du scoutisme est annoncée pour janvier, à Paris. Elle présentera des œuvres de Pierre Joubert, Robert Manson et Bernard Dufossé. Ceci pour le futur. En ce qui concerne le présent, l’actualité Signe de Piste est d’abord marquée par l’annonce du rachat aux éditions Carnot du label Signe de Piste par les éditions Delahaye, avec une brève présentation de la nouvelle équipe, de la maison Delahaye, et d’un rappel chronologique des aléas du Signe de Piste de 1937 à nos jours, « d’éditeur en éditeur ».
Puis c’est la soutenance d’une thèse de doctorat sur le SDP qui est relatée avec éloge par le président des Amis du SDP, Philippe Verdin, lequel s’était déplacé jusqu’à Louvain, pour assister à la présentation du Roman scout, du texte à la réception – essai de psychologie d’un imaginaire littéraire. Le tout nouveau docteur, Laurent Déom, qui est par ailleurs membre de l’Association, propose une analyse fort intéressante de la magie de l’univers Signe de Piste agissant sur les lecteurs, ainsi que des fils rouges qui sous-tendent l’esprit de la Collection, la « réparation du désordre », la « désunion », le hiatus entre « le monde tel et est et tel qu’il devrait être », avec justement la refondation d’un « monde idéal », qui n’incite pas, cependant, à ce que les adolescents se réfugient dans un univers de rêve, loin d’une réalité trop décevante, mais au contraire deviennent « acteur(s), avec le héros, d’un monde à refaire ». L’esthétique du sacré, omniprésent dans les romans de la collection est également analysée. Selon Philippe Verdin, qui a suivi attentivement cet exposé et en loue la perspicacité, la thèse est des plus réussies : « Depuis longtemps on essaie de définir les origines et les ressorts du mythe du Prince Eric et de l’esthétique du Signe de Piste. Laurent est parvenu à percer une partie du secret de fabrication. » Les membres des Amis du Signe de Piste ne peuvent que souhaiter, avec leur président, que ce travail qui semble passionnant soit un jour accessible au public : « Alors on parlera objectivement du Signe de Piste ». La thèse avait déjà fait l’objet d’un article dans Le Vif-L’Express (en Belgique), intitulé « Les romans de l’utopie scoute», que nous avions reproduit sur ce blog et qui est désormais lisible dans le Bulletin, où Laurent Déom répond aux questions de François Brabant.
Dernier volet de l’actualité, Joubert s’expose à Bruxelles, un compte-rendu abrégé de l’équipe Nampilly, que nous ne détaillerons pas ici puisqu’il est déjà paru dans la Gazette de Birkenwald et est en ligne sur le site Nampilly. Suit une revue de presse en vrac et en bref sur le Signe de Piste et Pierre Joubert, dans différents média et journaux, ainsi que les dernières parutions : 100 ans de scoutisme, par Michel Seyrat (presses d’Ile-de-France), Une Chambre vide, d’Aymeric de Beaudrap et le dernier Ségolène, l’héroïne ayant cette fois-ci à affronter Les Spectres de la nuit.
Le tome 2 de L’Intégrale Joubert-Signe de Piste fait l’objet d’une analyse plus détaillée. Eric Bargibant, chargé du compte-rendu visuel et graphique, loue le volume en relevant les points forts de l’ouvrage, la qualité de reproduction, l’abondance des illustrations, le grand format de certaines d’entre elles, ou la présence de croquis et de crayonnés, et terminant par quelques conseils pour améliorer le tome 3. Il conclut : « Après les tâtonnements du tome 1, le tome 2 est au point. Vivement le tome 3, qui sera parfait, n’en doutons pas ! » Philippe Verdin, s’il est séduit lui aussi par la beauté graphique du tome 2, l’est moins par les textes l’accompagnant, notamment par celui qui suit l’introduction, « Joubert et Michel Tournier » où il est énoncé qu’on ne peut ni parler ni écrire « à propos d’une oeuvre graphique », hypothèse mise en œuvre dans l’ouvrage, dont les textes parlent de tout sauf des dessins... Philippe Verdin charge sabre au clair à la tête d’un escadron composé de 10 hussards et pas des moindres : Diderot, Huysmans, Apollinaire, Claudel, Proust, Paulhan, Vialatte, Cabanis, Malraux, Steiner… et Jean-Paul Kauffmann en chevau-léger, pour répondre avec verve que oui, l’on peut parler « heureusement d’une oeuvre picturale ». Pierre Joubert attend encore son poète, c’est tout ! affirme le président des Amis du SDP.
Dans le second ouvrage (à paraître), du même auteur (et du même illustrateur, faut-il le préciser ?), L’Aventure scoute, un siècle de scoutisme avec Pierre Joubert, cette fois-ci uniquement critiqué par Eric Bargibant, c’est un peu le même son de cloche, beauté des images, belle qualité dans la fabrique de l’ouvrage, présentation originale. Dommage, regrette Eric Bargibant, que les textes ne soient pas à la hauteur des oeuvres, se dispersant dans des thèmes et des entrées peu en rapport avec Pierre Joubert (les HJ, la Franc-Maçonnerie, Jean de La Hire) alors que manquent des auteurs pourtant bien illustrés par le Maître (Jean Valbert, Jean d’Izieu...) Mais Eric conseille au « jeune lecteur » de passer outre les « textes » et de ne s’intéresser qu’aux oeuvres. Pour une fois qu’on conseille aux enfants de ne lire que les images !
Après la fiche de lecture sur Gencenay (un autre produit made in Nampilly), interview-rencontre de Pierre-André Bernard, auteur du Bachi, Harald le Viking, Marco qui a marqué le Signe de Piste par quatre romans présentant un scoutisme populaire, placé sous le signe de la mer. Pierre-André Bernard revient sur Pierre Labat, à l’origine de sa carrière d’écrivain, et sur chacun de ses romans, pour la plupart fortement inspirés de fait réels.
Le Bulletin se conclut par une échappée dans la blogosphère, avec le récit d’Eric Arnoux, le dessinateur qui a failli adapter le Prince Eric en bande dessinée... Planche-échantillon à l’appui, pour ce livre qui ne verra probablement jamais le jour.
Ce bulletin, en commentant des études sur le Signe de Piste venus de plusieurs horizons (thèse, essai, Bd…), se penche particulièrement sur la vision du Signe de Piste qu’en ont ses lecteurs. L’Association des Amis du Signe de Piste prend fermement la parole, prouvant (s’il en était besoin), que l’on peut aimer et admirer la Collection tout en conservant un esprit critique et en sachant lui reconnaître certaines faiblesses. Mais si l’on en croit l’actualité, aussi bien de l’Association que de la Collection, ce ne sont pas ses quelques points faibles qui sonneront le glas de l’esprit Signe de Piste. De beaux jours l’attendent encore, réjouissons-nous !
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Ephéméride
14 septembre 1904 : Naissance de Michel-Guillaume-Robert Hardelot, au Havre, Seine-Inférieure. Le Capitaine du Jamboree, Jean-Louis Dubreil.
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