30 novembre 2006
Ephéméride
30 novembre 1770 : Dans la nuit du 29 au 30, le marquis de Montferrat, qui a pris froid en chassant le canard, rend son dernier soupir. Fort-Carillon, Georges Ferney.
30 novembre 1936 : Les Loups, en route pour Swedenborg, sont invités par la Dame de Birkenwald "à revoir le château enfoui sous la neige, choisir pour Eric les plus belles roses de la serre." Question : sachant que les Loups doivent traverser toute l'Allemagne en train pour gagner Swedenborg, et qu'en plus leur voyage va être retardé, on peut se demander dans quel état vont arriver les roses. Bah, de toute façon, c'est Yngve qui les aura. Le Prince Eric, Serge Dalens.
30 novembre 1948 : "La neige, la neige, la neige. Tout est pareil maintenant, liberté, égalité, fraternité ; la neige achève le travail des bombes au phosphore, on de distingue plus Moabit et ses taudis des villas de Charlottenbourg." "Journal d'Etienne", Deux Rubans noirs, Pierre Labat.
29 novembre 2006
Osamu Tezuka

Vendredi 8 décembre, sur France Culture, à 13h30 , l'émission "Histoire de..." raconte les débuts de l'animation japonaise et comment Osemu Tezuka révolutionne le dessin animé japonais, notamment avec la série astro Boy.
28 novembre 2006
Ephéméride
28 novembre 1870 : "Ce coffret contient vingt-cinq rouleaux de cent louis chacun provenant de la vente des Saules." Signé : Jean-Emmanuel V.... Rue de la Poste-aux-Chevaux, Maurice Vauthier.
Tintin à Paris
Du 20 décembre 2006 au 19 février 2007, Hergé est à l'honneur au Centre Pompidou qui lui consacre une exposition. Organisée par le Centre Pompidou et la fondation Hergé, elle explore l'oeuvre d'Hergé à la fois de façon chronologique et thématique. On note tout particulièrement la présence de nombreux originaux.

--> Le Centre Pompidou <--
27 novembre 2006
Revue de Presse
Une semaine après le décès de Bertrand Poirot-Delpech, petite revue de presse. Beaucoup de journaux ont parlé de la mort de l'écrivain mais nous cherchions plus précisément ceux qui citeraient les Signe de Piste. Nous en avons trouvé deux dont voici les articles :
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Le Figaro
14 novembre 2006
Bertrand Poirot-Delpech, écrivain
Etienne de Montety
L'académicien, journaliste et écrivain Bertrand Poirot-Delpech est décédé mardi à l'âge de 77 ans.
Ils étaient quatre amis, François-Régis Bastide (décédé en 1996), Jérôme Peignot, François Nourissier et Bertrand Poirot-Delpech. À l'annonce de la mort de ce dernier, l'académicien Goncourt s'est écrié : « C'est un grand pan de jeunesse qui s'écroule. » Soixante ans d'amitié les unissaient. Bertrand Poirot-Delpech était né à Paris, le 10 février 1929, d'une famille de médecins et d'universitaires. Comme les jeunes gens de sa génération, il avait été formé à l'école du scoutisme et en tirait une grande fierté. Notamment à cause de la formation humaine qu'il y avait reçue : à la Libération il avait - en compagnie de François Nourissier - participé à la mobilisation des jeunes scouts de Paris au service des rescapés de retour des camps, qui étaient accueillis au Lutétia. Cette expérience l'avait fortement marqué. Sous le pseudonyme de Bertrand Mézières, ce jeune homme désargenté et doué avait également écrit un roman pour la célèbre collection d'aventures « Signe de piste », Portés disparus (1958). Ce ne fut pas le seul livre qu'il écrivit sous le masque. En 1976, il avait rédigé un violent pamphlet contre le septennat de Valéry Giscard d'Estaing, signé Hasard d'Estin et intitulé Tout fout le camp.
Ces fantaisies étaient une autre facette d'un homme élégant et discret qui avait fait toute sa carrière au quotidien Le Monde, où il était rentré à vingt-deux ans. Il y avait notamment assuré la chronique des grands procès (1956-1959) et la critique théâtrale, à la suite de Robert Kemp (1960-1972), avant de succéder à Pierre-Henri Simon comme feuilletoniste du Monde des livres.
Il reçut en 1958 le prix Interallié, pour son roman Le Grand Dadais, écrit sur le mode primesautier de l'époque où l'on pouvait lire des phrases comme celles-ci : « Les jeunes feraient sûrement moins de bêtises si on leur montrait qu'en les commettant, ils n'inventent rien. » Parmi ses romans, on peut encore citer Les Grands de ce monde, L'Été 36, Le Golfe de Gascogne. Lauréat de l'Académie française pour son roman La Folle de Lituanie en 1970, il y fut élu en 1986 au fauteuil de Jacques de Lacretelle. Il y fut un membre assidu. Il reçut notamment ses cadets, Michel Serres, Érik Orsenna et René de Obaldia. Se souvenant du critique de théâtre qu'il avait été et de l'amateur qu'il était resté, il s'était notamment offert le luxe de rédiger en alexandrins de scène une partie du discours de réception de l'auteur de Du vent dans les branches de sassafras. Il était le père de la romancière Julie Wolkenstein.
--> Le Figaro <--
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Le Nouvel Observateur
Semaine du jeudi 23 novembre 2006
Le panache et la plume
Jérôme Garcin
C'était un grand adolescent tout droit sorti de la collection « Signe de piste », dont il écrivit un volume, que les préoccupations de l'âge adulte semblaient intimider. Il n'en aimait ni les responsabilités, ni les concessions, encore moins le confort. Sans doute l'enfant de la débâcle de 1940 faisait-il payer au destin d'avoir perdu son père à 10 ans et d'avoir grandi sans repères.
Sur son voilier granvillais, son vélo d'hirondelle ou sa moto de Tintin, ce bourgeois bohème au physique avantageux n'en finissait pas de se fuir. Ecrivain volage, séducteur insoucieux, pianiste du dimanche, habillé de pulls troués, se flattant de ne posséder qu'une seule cravate, il avait habité une garçonnière jusqu'à ses 68 ans. C'était en 1987, date à laquelle il entra à l'Académie française pour mettre un peu d'ordre dans sa vie, sa bibliothèque et ses armoires. Ce qui ne l'empêcha pas de persister, après son élection, dans des genres littéraires et épistolaires où ce khâgneux excellait : le canular, le pastiche, le libelle, sans négliger la traque flaubertienne des tics langagiers de la modernité.
«Quand donc cesserez-vous d'avoir mauvais esprit?», lui avait demandé François Mauriac, qui fut son protecteur et s'inquiétait de son avenir. Jamais, aurait répondu le jeune Bertrand, dont la détestation de la grandiloquence, du sérieux pompeux, de l'autofiction et de l'autosatisfaction était une manière de dissimuler sa pudeur maladive. A l'exception du bref « Couloir du dancing », il s'est en effet toujours refusé à parler de lui. A la confidence, ce brillant styliste préférait la raillerie. Beaucoup de ses livres en portent la marque : de son pamphlet anti-giscardien « Tout fout le camp », signé Hasard d'Estin, à « la Légende du siècle » (où Hitler bouffe des rillettes dans le wagon de Montoire en pleurant sur son impuissance sexuelle), en passant par « les Grands de ce monde » (où de Gaulle, au lieu d'aller à Baden-Baden le 29 mai 1968, trinque à la station de métro Balard avec un garde républicain).
Bertrand Poirot-Delpech n'était sérieux que sur les sujets graves. Marqué pour la vie par son expérience de scout accueillant à l'Hôtel Lutetia, en 1945, les rescapés des camps de la mort, il avait écrit, avec « Monsieur Barbie n'a rien à dire », un féroce procès-roman sur le bourreau nazi de Lyon, poursuivi Maurice Papon de toute sa colère rétrospective dans « Un crime de bureau » et recueilli, dans le bouleversant « J'ai pas pleuré », la confession d'Ida Grinspan, arrêtée à 14 ans par la police française et déportée à Auschwitz. Ida réveillait, chez Bertrand, un ineffaçable souvenir. Celui de Youra Riskine, son camarade de seconde au lycée Louis-le-Grand, noté absent un matin de 1943, exterminé à 15 ans. «Ma vocation de journaliste, disait-il, date de là. L'obligation de savoir : un devoir sacré.» Et quel journaliste ! Fidèle au « Monde » et à sa rigueur pendant un demi-siècle, il a été successivement chroniqueur judiciaire, critique dramatique et feuilletoniste littéraire, il avait la passion du métier et l'enthousiasme contagieux. Car ce persifleur-né aimait aimer.
Si l'on veut aujourd'hui se faire une juste idée de Bertrand Poirot-Delpech, il faut ouvrir son essai paru en 2001 : « J'écris Paludes ». Il y raconte pourquoi il relit, une fois l'an, la sotie d'André Gide, ce «traité narquois de la velléité et du fiasco, sur fond de mondanités grisâtres». Et il explique, entre les lignes, comment il est devenu un écrivain de la famille si française des sceptiques ricaneurs, des lyriques contrariés et des hussards de gauche. Né en 1929, comme Bernard Frank, le romancier de « l'Eté 36 » vient de rejoindre l'essayiste de « la Panoplie littéraire » au paradis de l'insolence, où les dieux fatigués s'amusent enfin.
--> Le Nouvel Observateur <--
Ephéméride
27 novembre 1948 : "J'en ai plus qu'assez, cela fait dix jours que la neige tombe sans discontinuer. Naturellement, le pont aérien débite moins : nouvelles coupures de courant, rations réduites. Et dire que nous sommes vainqueurs !" "Journal d'Etienne", Deux Rubans noirs, Pierre Labat.
26 novembre 2006
Les Sous-sols du Révolu - Toujours pour Noël
Les sous-sols, ce sont ceux d'un musée : Le Musée du Révolu. Ou Musée du Louvre, en fait (trouvez l'astuce). Sommes-nous dans le passé, dans l'avenir, ou dans une autre dimension ? En tout cas nous sommes dans le musée, que nous découvrons en suivant pas à pas les travaux d'un expert, mandaté pour quantifier les oeuvres et mesurer les murs. Seulement voilà : si le musée lui-même est bien fini, les sous-sols, eux, semblent interminables. Une vie d'expert suffira-t-elle à tout répertorier, à comprendre le fonctionnement de cette énorme machine qu'est le plus grand musée du monde ? Rien n'est moins sûr... D'autant que ce musée semble être seulement au service d'une valeur bien supérieure : l'Art...
Marc-Antoine Mathieu nous propose en fait un voyage à travers l'art et son histoire. Et donc un voyage dans le temps. La perception de l'art, selon le temps. Et la perception du temps, graphiquement représenté par l'espace démesuré. Prisonniers de l'infini : c'est le lot des personnages de cet album. Cela les conduira-t-il à la folie ou à la compréhension suprême de leur vie ?
Mêlant poésie surréaliste, absurde kafkaien, histoire véridique, MAM mène ici une véritable réflexion philosophique sur l'art et le regard qu'on lui porte, sur notre intelligence de l'infini. Le trait noir et blanc, souvent purement géométrique, ajoute encore à l'angoisse vertigineuse créée par le texte. Jouant sur des mots (anagrammes de "Musée de Louvre") ou sur des images que tout le monde connaît (le sourire de la Joconde), l'auteur nous entraîne dans une quête de vérité absolue ardue et passionnante dont la solution ultime n'existe pas. Peut-on quantifier l'absolu ? Ou même seulement s'en approcher ? A chacun de trouver sa réponse après avoir lu ce livre. Mais attention, ayez le coeur et l'esprit bien accrochés si vous voulez voir le bout des tunnels du musée...

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Les Sous-sols du Révolu, Marc-Antoine Mathieu
Editions Futuropolis (et Musée du Louvre)
ISBN : 2754800506
Prix : 16 euros
25 novembre 2006
Ephéméride
25 novembre 1174 : Saladin entre dans Damas. Jean revient d'Egypte, où le Régent l'avait envoyé en ambassade auprès de al-Malik al-Adil, frère du Sultan. Les Lépreux, Les Prisonniers, Serge Dalens.
25 novembre 1944 : "Mon commandant, le capitaine m'a chargé de vous donner le récit des derniers moments de mon lieutenant; Effectivement, je suis resté près de lui jusqu'au bout. C'est donc à moi que revient cette tâche." Le Héros sans visage, Jean d'Izieu.
24 novembre 2006
Re-idée Noël mais plus sdp
Reçu cette semaine : le catalogue automne-hiver des Editions du Triomphe. Les Faucons d'Apremont, Ségolène, Faon l'héroïque, Poisons... Toutes les nouveautés 2006 réunies pour arriver en un seul paquet sous le sapin. Et toujours les classiques : le Prince Eric évidemment, mais aussi Pierre-André Bernard, Dachs, Vauthier...

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23 novembre 2006
Etes-vous tintinologue ? Idée Noël
La Petite Bibliothèqe du Tintinologue, chez Flammarion (collection Champs, format poche, isbn 2081200481, 29,50 euros) , réunit dans un joli coffret 3 volumes, certes pas des plus récents, mais qui font toujours référence dans le petit (grand) monde des fans d'Hergé. De quoi mieux appréhender la bande dessinée en (re)découvrant les bases de la ligne claire et de la série qui a propulsé la BD au rang de "9ème art".

- Hergé, fils de Tintin, Benoît Peeters : "Tintin, c'était moi, avec tout ce qu'il y a en moi de besoin d'héroïsme, de courage, de droiture, de malice et de débrouillardise. C'était moi, et je t'assure que je n'avais pas à me demander si cela plaisait on non aux gosses. Et les sujets que je choisissais, c'étaient des sujets qui me tenaient à cœur, où je trouvais quelque chose à dire, où j'avais quelque chose à dire", écrivait un jour Hergé. Par-delà leur apparente simplicité, les Aventures de Tintin, qui ont enchanté plusieurs générations de lecteurs dans le monde, constituent une autobiographie indirecte, une sorte de journal à travers lequel se donnent à lire tous les événements, publics ou privés, qui marquèrent Georges Remi, dit Hergé. Mais dans ce singulier roman de formation, c'est surtout le personnage qui a construit son auteur. Le jeune employé du quotidien Le Vingtième Siècle était parti de bien peu de chose. Album après album, Tintin a fait l'éducation d'Hergé, le conduisant vers des horizons inimaginables.

- Les métamorphoses de Tintin, Jean-Marie Apostolidès : Livre pionnier, écrit en 1984, soit un an après la mort de Hergé, et fréquemment réédité depuis, Les Métamorphoses de Tintin constituent la première étude critique des 22 albums canoniques des Aventures de Tintin. Puisant à la psychanalyse, à la sémantique et à la critique littéraire, Jean-Marie Apostolidès se livre à une enquête passionnante sur l'histoire de Tintin. D'où vient-il ? A-t-il seulement une famille ? Et des opinions politiques ? Quels sont ses rapports avec les femmes ? Comment Tintin vieillit-il ? A ces questions, et à beaucoup d'autres, ce livre répond, pour le plus grand bonheur des tintinologues de 7 à 77 ans. Où l'on voit se dessiner peu à peu, derrière la figure militante de l'adolescent des années 30, un Tintin plus sceptique et tolérant qui, ayant rétabli la justice au bout du monde, abandonne son obsession du Bien et se retire à Moulinsart en compagnie d'un marin épris de boisson et d'un vieil original qui cultive son jardin...

- Hergé écrivain, Jan Baetens : La lecture critique de la bande dessinée valorise souvent la dimension purement visuelle des planches au détriment du texte. C'est sous-estimer un pan décisif de cet art, et singulièrement tout le sel des albums d'Hergé. Son œuvre, qui transforme la bande dessinée en genre littéraire, invente en effet un nouvel équilibre entre l'iconique et le verbal. Dans le cas d'Hergé, la " ligne claire " est autant question d'écriture que de dessin. Dans le " style " d'Hergé, le souci du texte complète le goût des histoires et l'invention linguistique renforce les trouvailles de mise en page ; ce sont dans les jeux sur les mots, les lettres, les phylactères et la narration que l'on découvre un Hergé véritablement " écrivain ".

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